RENTREE 42 Bienvenue les enfants !
Mise en scĂšne :
Xavier LEMAIRE
Auteur(s) :
de Pierre-Olivier Scotto & Xavier LEMAIRE
Distribution :
Anne Richard, Isabelle ANDREANI, Emilie Chevrillon, Michel Laliberté, Fanny Lucet, Dominique Thomas
Année de production :
2023
Equipe technique :
SCENO : Caroline Mexme / COSTUMES: Christine Villers / LUMIERES : Didier Brun / MUSIQUES : Elsa Moatti
Durée du spectacle :
1 heures 30 minutes

  CREATION 2023

   « RENTREE 42, BIENVENUE LES ENFANTS ! »

  de Pierre-Olivier Scotto & Xavier Lemaire

  Mise en scÚne : Xavier Lemaire

 

DISTRIBUTION:

 

 

Anne RICHARD

Isabelle ANDREANI

Emilie CHEVRILLON

Michel LALIBERTE

Fanny LUCET

Dominique THOMAS

 

Scénographie : Caroline Mexme

Costumes : Christine Villers

LumiĂšres : Didier Brun

Création musiques : Elsa MOATTI

Création sonore : Philippe Bozo

SUITE DES DATES DE PRE-TOURNEE de « RENTREE 42, Bienvenue les enfants! »

Septembre 2023 :

CHAVILLE : mercredi 27 septembre 2023

Novembre 2023 : 

SAINT-WITZ : vendredi 17 novembre 2023

LOUVRES : samedi 25 novembre 2023

Janvier 2024 : 

BEZON : vendredi 19 janvier 2024

Mars 2024 : 

DOUAI : lundi 25 mars 2024

Avril 2024 : 

NEUILLY-SUR-SEINE : mardi 23 avril 2024

SAINT-WITZ : vendredi 26 avril 2024

SAISON 2024-2025:. DATES A SUIVRE…

    Festival d’AVIGNON OFF 2023

Théùtre La Luna

« RENTREE 42, BIENVENUE LES ENFANTS ! »

  de Pierre-Olivier Scotto & Xavier Lemaire

  Mise en scÚne : Xavier Lemaire

   AU THEATRE DE LA LUNA AVIGNON

   1, RUE SEVERINE 84000 AVIGNON

   Réservations: https://www.theatre-laluna.fr/spectacle/rentree-42-bienvenue-les-enfants

      Tél: 0490869628

 

CREATION 2023

 

 

Avec:

Anne RICHARD

Isabelle ANDREANI

Emilie CHEVRILLON

Michel LALIBERTE

Fanny LUCET

Dominique THOMAS

 

Scénographie : Caroline Mexme

Costumes : Christine Villers

LumiĂšres : Didier Brun

Création musiques : Elsa MOATTI

Création sonore : Philippe Bozo

 LES DATES DE PRE-TOURNEE avant le Festival d’Avignon de « RENTREE 42, Bienvenue les enfants! »

Juillet 2023 : 

VERSAILLES « Mois MoliÚre » : vendredi 09 et samedi 10 juin 2023 aux Grandes Ecuries

ST-CLOUD Théùtre 3 Pierrots « Before Off »: Dimanche 25 juin 2023

Juillet 2023 : 

FESTIVAL D’AVIGNON 2023

du 07 au 29 juillet 2023 au THEATRE LA LUNA Ă  16h50 (sauf le mercredi…)

A propos de la piĂšce/
Nous sommes le jeudi 1er octobre 1942, c’est la veille de la rentrĂ©e des classes Ă  l’école Ă©lĂ©mentaire des filles Victor Hugo du 11Ăšme arrondissement de Paris, les maĂźtresses se retrouvent aprĂšs les grandes vacances pour prĂ©parer la rentrĂ©e…

Il y a GisĂšle Blanc, Madame la directrice, une femme raffinĂ©e Ă  l’autoritĂ© douce et ferme de celle qui sait


Il y a Monique Ricou, une maĂźtresse engagĂ©e (elle est communiste), amie de GisĂšle Blanc, elle n’a pas sa langue dans sa poche, cette Ă©poque de dĂ©lations et de compromissions la rĂ©volte.

Il y a Lucienne Tati, une femme pleine d’empathie, Ă  la vie rĂ©glĂ©e comme une pendule, qui aime son mĂ©tier plus que
tout.

Et Suzy Courcelles, jeune institutrice, belle et rayonnante, qui veut réussir, elle aime le théùtre et le maréchal Pétain


Dans cette Ă©cole, le gardien est Adolphe Bastien, ancien combattant de 14-18, il a perdu un bras Ă  la guerre, blagueur, serviable, il n’aime pas les Fridolins.

Enfin un inspecteur va venir visiter l’école, c’est Mr Person, il est investi des nouvelles directives de l’éducation nationale, antisĂ©mite, il entend redresser les valeurs morales de l’école Française


LA PIECE EST EN TROIS ACTES/
1er acte :

C’est la veille de rentrĂ©e, les maĂźtresses se retrouvent aprĂšs deux mois et demi de vacances, on attend la liste des futures Ă©lĂšves, les amitiĂ©s et les inimitiĂ©s ressortent, il faut prĂ©parer le projet pĂ©dagogique de l’annĂ©e, chacune sa classe, chacune ses Ă©lĂšves que l’on connaĂźt
de l’an passĂ© ou d’une sƓur Ă  qui l’on a enseigné  la liste arrive, une alerte Ă  la bombe retentit, on rĂ©cupĂšre les cahiers pour inscrire les noms, demain c’est la rentrĂ©e


Acte 2 :

C’est la rentrĂ©e, il est 8h25 et il n’y a que 17 Ă©lĂšves d’arrivĂ©es ! Que se passe-t-il ? Constat, sidĂ©ration et dĂ©cision rythmeront cet acte ! Pourquoi cette Ă©cole sans Ă©lĂšves? Monique Ricou Ă©voque une rafle en juillet

Est-ce possible ? En attendant des explications de l’inspecteur, il faut s’organiser

Acte 3 :

Quinze jours plus tard, l’inspecteur Mr Person arrive Ă  l’école en fin de journĂ©e
 Les maĂźtresses vont pouvoir comprendre et s’expliquer
 Et quelle explication !!!

GENESE DE LA PIECE/
Il y a quatre ans, j’ai lu cette histoire mĂ©connue de classes quasiment vides dans les Ă©coles de certains quartiers de Paris, dĂ» Ă  la rafle du Vel D’hiv
 J’ai visitĂ© les quartiers oĂč des plaques relatant cette absence d’enfants sont apposĂ©es sur les murs d’école
 L’idĂ©e d’une piĂšce de thĂ©Ăątre m’a immĂ©diatement traversĂ©.
Qu’est-ce qu’une rentrĂ©e d’école sans Ă©lĂšve? Comment justifier l’impensable ? Quel est le sens de l’enseignement dans une pĂ©riode trouble comme 39-45 ? Comment comprendre et rĂ©sister, sans savoir, sans ĂȘtre sĂ»r ? Dans l’effroyable histoire de la Shoah, comment traiter l’absence immĂ©diate ?
J’en ai parlĂ© Ă  mon ami, complice et auteur Pierre Olivier Scotto, qui a Ă©tĂ© trĂšs enthousiaste ! Nous nous sommes attelĂ©s Ă  la tĂąche pour Ă©crire cette histoire !
“RentrĂ©e 42, Bienvenue les enfants” est nĂ©e de cette envie de raconter le quotidien de l’Histoire par le prisme des petites gens qui sont confrontĂ©s Ă  l’implacable rouleau compresseur du nazisme. Nous avons voulu ĂȘtre au cƓur de la croisĂ©e des destins de ces maĂźtresses, qui sont
confrontĂ©es Ă  l’impensable : apprendre que des enfants, des petites filles — leurs Ă©lĂšves — ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  la
mort par leur employeur l’État français !

De cette prise de conscience, de cette humiliation de cautionner, malgrĂ© elles, cette politique infĂąme, de leur passion d’enseigner, va jaillir un instinct de rĂ©sistance, comme une allĂ©gorie Ă  la RĂ©sistance française !

Aujourd’hui nous sommes trĂšs heureux de vous prĂ©senter le fruit de ce travail d’écriture.
Xavier Lemaire.

A PROPOS DE LA MISE EN SCENE/
La mise en scÚne de ce spectacle sera de facture réaliste :
une salle de classe comme on se l’imagine en 1942, avec ses fenĂȘtres traversantes, son mobilier, ses porte-manteaux, ses accessoires, le tableau noir de la directrice derriĂšre son bureau et deux portes : une ouvrant sur le couloir, l’autre sur une remise, donneront l’authenticitĂ© de la
situation
 La particularité de ce décor est que les spectateurs seront comme des élÚves invisibles du fond de la
classe. Trois bureaux d’écoliers seront au premier rang, dĂ©marcation entre la scĂšne et le public. Un effet dĂ©co de relief donnera Ă  la scĂšne une vision panoramique de la
situation. Le jeu des actrices et acteurs sera trĂšs incarnĂ©, donnant Ă  la situation un effet tĂ©moignage. La piĂšce n’en sera pas moins cocasse et surprenante. Enfin une bande
sonore mĂȘlant sons d’actualitĂ©, chanson d’époque et musique originale donnera un relief cinĂ©matographique au rĂ©cit.
NOTE D’INTENTION DES AUTEURS/
C’est la deuxiĂšme fois que nous unissons nos dĂ©sirs, nos imaginaires pour Ă©crire et rĂ©aliser un spectacle qui nous tient Ă  cƓur. Nous sommes tous les deux passionnĂ©s de
la grande Histoire et nous aimons raconter les petites histoires des gens dans la grande Histoire.
Mais comme pour notre premier projet “LĂ -bas, de l’autre cĂŽtĂ© de l’eau” consacrĂ© Ă  la guerre d’AlgĂ©rie, ces hommes et ces femmes que nous racontons ne sont pas des personnes ordinaires. Certes ils viennent tous de la rue, du peuple comme Albert Camus venait du ruisseau mais ils
se rĂ©vĂšlent des hĂ©ros au fil de l’histoire. Ils deviennent ce que nous appelons des hĂ©ros du quotidien
 Ceux qui se sont battus modestement, anonymement et se sont dĂ©passĂ©s pour une cause juste : la libertĂ©, la dĂ©mocratie, la rĂ©publique.
Quand nous avons dĂ©cidĂ© de travailler sur “RentrĂ©e 42, Bienvenue les enfants”, nous avons Ă©tĂ© trĂšs Ă©mu… TrĂšs fier de partager cette histoire… Cette aventure

Pour Pierrot cela touchait encore juste dans son cƓur.
Enfant de l’Éducation nationale. NĂ© dans une Ă©cole rĂ©publicaine. Il a vĂ©cu dans une Ă©cole et comme tous les fils et filles d’instituteur la cour de rĂ©crĂ©ation Ă©tait ma deuxiĂšme chambre pour courir rĂȘver et jouer aux gendarmes et aux voleurs ! Il ressent encore aujourd’hui les odeurs d’encre, de craie, de cantine scolaire… Comme Marcel Pagnol, son pĂšre lui a appris Ă  lire. A 4 ans, il se glissait dans sa classe clandestinement et dĂ©chiffrait les premiers mots. Le jour de la rentrĂ©e son
pĂšre Ă©crivait sur le tableau noir “Bienvenue les enfants”.
Le titre de notre piĂšce s’imposait ! Mais pour notre “RentrĂ©e 42, Bienvenue les enfants”, qui se situe en octobre 1942, il fallait se plonger dans l’Histoire, de cette France de
PĂ©tain qu’on connaĂźt mal.
Que s’est-il passĂ© lors de la rentrĂ©e scolaire 1942 Ă  Paris, aprĂšs que la police française ait raflĂ©s et dĂ©portĂ©s prĂšs de 4000 enfants juifs. Comment les enfants, les enseignants,
l’administration ont-ils vĂ©cu cette barbarie ?
Nous avons imaginĂ© une petite Ă©cole de filles du 11Ăšme arrondissement de Paris et nous avons construit des personnages qui auraient pu vivre ce moment terrible incroyable, impensable… Nous construisons ensemble une trame avec une progression dramatique. Xavier scĂ©nariste, en tant que metteur en scĂšne voit les images en avance
et raconte dĂ©jĂ  les situations et les actions. Pierre Olivier note et essaie de restituer en dialogues les visions du «metteur en scĂšne » 
 Puis c’est un Ă©change incessant sur
la psychologie des personnages, sur les rebondissements, sur le rythme de l’Ɠuvre et la juste rĂ©plique. Pour “RentrĂ©e 42, Bienvenue les enfants” nous avons
imaginĂ© quatre enseignantes avec des caractĂšres bien trempĂ©s ! Pour qu’une piĂšce soit forte, il faut favoriser les antagonismes, les conflits, les alliances 
 Comment
ces enseignantes, madame tout le monde, vont rĂ©agir Ă  cette situation extraordinaire ? La peur, la rĂ©volte, la rĂ©signation… tous ces sentiments qui nous animent quand
nous sommes confrontĂ©s Ă  un Ă©vĂ©nement plus grand que nous. L’important est que le spectateur puisse s’identifier Ă  cette histoire Ă  ces personnages. C’est notre vision du
théùtre ! Un théùtre de passion, de chair, de sang, de rires et de pleurs !
Nous avons donc construit une histoire qui ressemble Ă  une enquĂȘte policiĂšre, les maĂźtresses d’école vont enquĂȘter, se renseigner pour comprendre oĂč sont passĂ©s les 109 enfants manquants
 Dans notre histoire nous parlons beaucoup d’enfants mais nous n’en voyons jamais

Dans notre histoire nous parlons beaucoup des juifs mais ils ne sont pas prĂ©sents
 C’est l’époque oĂč ils se cachent, oĂč ils survivent dans un Paris policĂ© et antisĂ©mite. Nous allons suivre la recherche de vĂ©ritĂ© de ces femmes si attachantes et terriblement humaines. Elles aiment leur mĂ©tier, elles aiment leurs enfants et elles ne sont pas particuliĂšrement hostiles au rĂ©gime de Vichy. Elles se comportent comme des fonctionnaires de l’État. Mais en apprenant
l’existence de la rafle du Vel D’hiv de juillet 1942, elles vont prendre conscience de l’horreur de la situation et devenir des rĂ©sistantes pour sauvegarder leur Ă©cole et les valeurs de l’éducation rĂ©publicaine
” RentrĂ©e 42, “Bienvenue les enfants” est construit comme une fable rĂ©aliste.
Nous avons tenu Ă  y injecter Ă©galement de l’humour, cet humour parfois noir qui est celui du dĂ©sespoir. Mais nos hĂ©roĂŻnes, car ce sont des hĂ©roĂŻnes du quotidien, ne sont
jamais dĂ©sespĂ©rĂ©es. Elles se battent pour les enfants, pour l’enseignement, pour la justice 
pour la civilisation.
C’est une piĂšce humaniste que nous vous prĂ©sentons pour dire qu’il ne faut jamais oublier, qu’il faut transmettre aux gĂ©nĂ©rations sans cesse et que le thĂ©Ăątre est le plus beau des instruments pour tĂ©moigner et magnifier le rĂ©el.

C’est notre devoir de citoyen et d’artiste.
Pierre Olivier Scotto et Xavier Lemaire

A propos de la Rafle du VĂ©l d’Hiv/
La rafle du VEL D’HIV est la plus grande arrestation massive de juifs rĂ©alisĂ©e en France pendant la Seconde guerre mondiale.

Le 16 et 17 juillet 1942 plus de 13000 juifs sont arrĂȘtĂ©s dans Paris avant d’ĂȘtre dĂ©tenus au VĂ©lodrome d’Hiver dans le 15Ăšme arrondissement de Paris.
Ils sont ensuite envoyĂ©s dans les camps de transit de Drancy, Pithiviers et Beaune la Rolande puis assassinĂ©s via les trains de la mort vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Moins d’une centaine d’adultes en reviendront


Cette rafle a Ă©tĂ© programmĂ©e et exĂ©cutĂ©e par l’État français de Vichy pour plaire aux autoritĂ©s allemandes. Ce sont plus de 9000 policiers français qui sont intervenus dans chaque appartement. Plus de 4000 enfants ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s alors que les Allemands n’avaient demandĂ© que l’arrestation des juifs Ă©trangers de plus de 16 ans. Il a fallu attendre 1995 pour que la France, par la voix du prĂ©sident de la RĂ©publique Jacques Chirac, reconnaisse la responsabilitĂ© du gouvernement français.

XAVIER LEMAIRE/
Metteur en scĂšne et co-auteur:
Au départ est le comédien, une trentaine de rÎles grùce à des metteurs en scÚne comme Jean-Charles Lenoir, Luis Jaime Cortez, Betty Berr, Jacka Maré Spino, Nicolas Bataille, Isabelle Andréani

L’envie de construire son univers, d’ĂȘtre plus en harmonie entre ses choix et son idĂ©al, la volontĂ© de dĂ©couvrir des textes, de raconter des histoires, de dĂ©battre au cƓur de l’humain et de la sociĂ©tĂ© le pousse Ă  la mise en scĂšne.
30 crĂ©ations d’auteurs contemporains, 4 piĂšces d’auteurs classiques, 5 opĂ©ras, 4 spectacles dĂ©ambulatoires..
Et derniĂšrement :

“Qui es-tu Fritz Haber ?” de Claude Cohen, Prix Coup de CƓur du Off 2013 /

“Les Coquelicots des tranchĂ©es”, Prix du Public Off 2014 et le MoliĂšre du meilleur spectacle ThĂ©Ăątre Public 2015 /

“Zigzag” de Xavier Lemaire /

“Hamlet” de Shakespeare adaptation X. Lemaire / C. Barnes Nomination MoliĂšres 2019 – Meilleur Acteur ThĂ©Ăątre Public /

“Un cƓur simple” de Flaubert/I. AndrĂ©ani – Nomination au MoliĂšres 2019 – Meilleur Seul
en ScĂšne /

“LĂ -bas de l’autre cĂŽtĂ© de l’eau” de Pierre-Olivier Scotto et Xavier Lemaire /

“Madame Ming” d’Eric-Emmanuel Schmitt/

PIERRE-OLIVIER SCOTTO/
Auteur
Pierre-Olivier Scotto passe cinq années à la Comédie Française. AprÚs avoir quitté le Français, il commence alors à écrire ses textes.
Sa premiĂšre piĂšce “Le Mal de MĂšre”, mise en scĂšne par Françoise Seigner, dans laquelle il joue avec Tsilla Chelton, obtient trois nominations aux MoliĂšres : Meilleure PiĂšce de CrĂ©ation, Meilleur Auteur, Meilleure ComĂ©dienne.
Viennent ensuite :

“Le Ciel est Ă©goĂŻste ?” co-Ă©crite avec Martine Feldmann, ThĂ©Ăątre du Palais-Royal/

“Faux FrĂšres”- ThĂ©Ăątre du Ranelagh, ThĂ©Ăątre du ChĂȘne Noir Ă  Avignon et Petit ThĂ©Ăątre de Paris /

“La Belle MĂ©moire” co-Ă©crite avec
Martine Feldmann – ThĂ©Ăątre HĂ©bertot – Trois nominations aux MoliĂšres 2004 : Spectacle de langue française, Actrice, Espoir masculin. /

“Jeux d’rĂŽles” co-Ă©crite avec Martine Feldmann. ThĂ©Ăątre Marigny /

“Coach”. ThĂ©Ăątre Saint-Georges /

“Battements d’elle”. CinĂ© 13 – Manufacture des Abbesses/

“La Boutique au coin de la rue” co-Ă©crite avec Martine Feldmann, (tirĂ©e du film de Lubitsch ‘Shop around the corner’) /

“LĂ -bas de l’autre cĂŽtĂ© de l’eau” co-Ă©crit avec Xavier Lemaire au ThĂ©Ăątre La BruyĂšre/

“Le voyage de Monsieur MoliĂšre” co-Ă©crit avec Jean Philippe Daguerre.

Il est Chevalier des Arts et Lettres, et conseiller artistique Ă  l’Atrium de Chaville auprĂšs d’HervĂ© Meudic.

La distribution
Anne Richard GisĂšle Blanc
Emilie Chevrillon Monique Ricou
Isabelle Andréani Lucienne Tati
Fanny Lucet Suzy Courcelles
Dominique Thomas Adolphe Bastien
Michel Laliberté Mr Person

ANNE RICHARD I GisĂšle Blanc
Le grand public la connaĂźt Ă  travers
son rÎle de juge dans la série phare
de France 2 “Boulevard du Palais”,
qui a duré 17 saisons, 55 épisodes.
Anne a aussi interprété de trÚs
beaux rÎles à la télévision et au
cinĂ©ma. Tout rĂ©cemment elle a interprĂ©tĂ© un militaire dans “Commissaire Magellan”, et une navigatrice dans “Meurtre Ă 
l’üle d’Yeu” pour France 3, et au cinĂ©ma “Le nez dans le
ruisseau” avec Sami Frey et puis aussi “La colùre d’une
mùre”, “L’Amour interdit” de Jacques Malaterre, “La
Peine d’une mùre” avec Jacques Perrin et “Dernier
Stade” le long mĂ©trage de Christian Zerbib pour lequel
elle a obtenu le Prix d’interprĂ©tation fĂ©minine au festival
de Florence
 Déjà une centaine de films et de téléfilms.
Anne Richard s’est aussi illustrĂ©e au thĂ©Ăątre en jouant notamment “Agatha” de Marguerite Duras, en reprenant le
rĂŽle culte de Jane Fonda dans “On achĂšve bien les chevaux” mis en scĂšne par Robert Hossein. Puis “Les HĂ©ritiers” “Coiffure et confidences”, “Faut que ça change”.
Elle a jouĂ© Ă  Avignon au ThĂ©Ăątre du Balcon en 2021 “Coupables”, adaptĂ© d’un roman de Jean TeulĂ©.
Elle a déjà sorti une quinzaine de livres-CD, aux éditions
Carpentier et Editions du Rocher consacrés aux enfants.
Anne Richard écrit et raconte de beaux contes, entraßnant les tout petits dans un univers magique et enchanté.
Elle écrit aussi réguliÚrement des concerts-contes avec
le chef Blaise HĂ©ritier. “Blanc et Black”, “Les quatres saisons de la libertĂ©â€. Anne a aussi crĂ©Ă© le spectacle musical
des 125 ans de l’EHL (Ă©cole hĂŽteliĂšre de Lausanne)
Depuis quelques annĂ©es, elle enseigne l’art dramatique Ă 
l’AICOM (acadĂ©mie internationale de comĂ©die musicale).

ISABELLE ANDREANI I Lucienne Tati
Parce que le théùtre est entré par
hasard dans sa vie, à l’occasion de
la lecture d’une scùne de Moliùre,
Isabelle AndrĂ©ani n’a jamais lĂąchĂ©
« son métier passion ».
De ses rencontres au sein de son
Ă©cole l’ESAD : Jacques Seiler,
Laurence Bourdil, Françoise Seigner, Jean Pierre Martino ou Roland Bertin, mais aussi
avec de jeunes compagnies émergentes, dirigées -entre
autres par Carole Thibaut (DanielKeen
), par Jean-Christophe DollĂ© (crĂ©ation), par ClĂ©ment PoirĂ©e (Hanokh Levin…), ou bien encore la Compagnie Derniers DĂ©tails en
Picardie. Elle crée sa propre compagnie et met en scÚne
plusieurs spectacles, dont, notamment au théùtre du
Lucernaire, un Goldoni qu’elle traduit et adapte : “La PĂ©tillante soubrette”. Sa rencontre dĂ©terminante avec Xavier
Lemaire poursuit son parcours fidÚle aux auteurs contemporains et classiques : elle sera à ses cÎtés sur scÚne et sous
sa direction, tour à tour : Eve, dans “Adam, Eve et descendances” de P. Bancou, “la Comtesse” de Musset, Lisette du
“Jeu de l’amour et du hasard” et de “La Mùre confidente”,
Marthe dans “L’Echange” de Claudel, Clara Immerwahr Haber dans “Qui es-tu Fritz Haber ?” de C. Cohen.
DerniĂšrement, et toujours sous sa direction, elle interprĂšte
Marthe Surgenti, une pied-noire d’Alger dans “Là-bas, de
l’autre cĂŽtĂ© de l’eau” de Pierre-Olivier Scotto et Xavier
Lemaire, “Madame Ming” de Éric Emmanuel Schmitt et
Xavier Lemaire et depuis 2018 elle est FĂ©licitĂ©, d’aprĂšs la
nouvelle “Un CƓur Simple” de Gustave Flaubert, qu’elle
adapte et qui est toujours Ă  l’affiche du ThĂ©Ăątre de Poche
Montparnasse, nommée aux MOLIÈRES 2019 « Meilleur
Seul(e) en scÚne ».

EMILIE CHEVRILLON I Monique Ricou
Emilie Chevrillon a été formée aux
arts de la scĂšne par Antoine Campo
et Raymond Acquaviva, et Ă  l’AcadĂ©mie des Arts de Minsk (BiĂ©lorussie).
Elle débute aux cÎtés de Laurent
Terzieff dans “Le Regard” de
M.Schisgal, et “L’Habilleur” de
R.Harwood, et l’assiste aussi à la
mise en scĂšne. Dans son parcours, elle joue entre autres
sous les directions d’Antoine Bourseiller, Alexandre Blazy,
David Leroch, Marie Sauvaneix, HĂ©lĂšne Cohen
 Elle fait
partie des troupes du thĂ©Ăątre de la Huchette (oĂč elle joue
dans La Leçon de E.Ionesco, m.e.s Marcel Cuvelier), et de
StĂ©phanie Tesson (Revue d’un monde en vrac, Debussy,
Miss et Chouchou, Verts Paradis…)
Comédienne engagée, Emilie défend depuis 2017 un seul
en scùne contre les violences faites aux femmes qu’elle
joue dans toute la France, La putain du dessus, d’A.Tsipianitis (mes Christophe Bourseiller), et participe tous les
ans au Printemps des PoÚtes avec Les PompiÚres Poétesses (mes Romain Puyelo) pour faire entendre la poésie
partout auprĂšs du plus grand nombre. Également musicienne, elle joue du piano, chante et joue dans les comĂ©dies musicales : ”Breast of Tiresias” adaptĂ© d’Apollinaire
(m.e.s Erich Wallach) et “Fausse Moustache” La ComĂ©die
Musicale (de et par Raphaël Callandreau).
Elle met en scùne “Si, et autres piùces courtes” de
E.Ionesco, L’Orchestre de V.Slavkine, “Cet Animal
Ă©trange” de G.Arout, “Les Contes” de E.Ionesco et “J’ai
mangĂ© du Jacques”, spectacle musical.

FANNY LUCET I Suzy Courcelle
À sa sortie des Cours Florent, Fanny
jouera au Théùtre des Nouveautés
puis A La Folie Théùtre, une piÚce
de Grand Guignol, “Un crime dans
une maison de fous” d’AndrĂ© de
Lorde, m.e.s Karine Jean. En parallÚle elle interprétera des rÎles
plus classiques tels que la Veuve
dans “L’école des Veuves” de
Jean Cocteau, m.e.s Hazem El Awadly, “Electre” de Giraudoux, m.e.s Odile Mallet et Geneviùve Brunet, et “Le
Roi Jean” de Shakespeare, m.e.s Lionel Fernandez, oĂč
elle y interprétera le rÎle de Blanche et pour lequel elle
a pris des cours d’escrime. Elle fut parmi le trio comique
de Nationale 666 de Lilian Lloyd mis en scĂšne par ce dernier et dans la comĂ©die “Gros mensonges entre amis”,
un medley de trois piĂšces courtes de Sacha Guitry, mis
en scĂšne par Lionel Fernandez. Elle se replonge dans le
Grand Guignol et joue dans la série théùtrale, Les contes
du Grand Guignol, Ă©crit et mis en scĂšne par Karine Jean.
Elle s’attaque Ă  des textes plus engagĂ©s que sont ceux
de Rodrigo Garcia, dans “ConsumĂ©risme”, mise en scĂšne
par Guillaume Antoniolli, sur la société de consommation.
En parallÚle, elle interprÚte quatre rÎles dont trois masqués dans la derniÚre comédie noire de Bastien Telmon,
“LautrĂ©amont, l’aurore d’un nouveau siĂšcle”, qui relate la
vie de ce dernier, m.e.s Bernard Guérin. Elle repart dans
la comĂ©die avec la truculente adaptation de “Don Juan”
d’Olivier Maille, Don Juan est femme qui se jouera en
Avignon ainsi qu’au CafĂ© de la gare. Elle continue dans la
comĂ©die avec “L’Emmerdante” de Jean Christophe Barc,
un duo qui choque et s’entrechoque. Elle a fait sa rentrĂ©e
avec “Nos Vies”, m.e.s Guillaume Antonioli ainsi que dans
“Dom Juan” Ă  l’Auguste thĂ©Ăątre, m.e.s Gianni Corvi oĂč elle
joue Don Elvire. Elle continue avec cette mĂȘme Ă©quipe et
jouera cet Ă©tĂ© Ă  l’Ile de RĂ©, “George Dandin” de MoliĂšre, mis en scĂšne par Tilly Mandelbrot et FĂ©lix Hugue.

MICHEL LALIBERTÉ I MR PERSON
ComĂ©dien d’origine quĂ©bĂ©coise,
Michel LalibertĂ© se forme Ă  l’universitĂ© d’Ottawa (Canada), puis au
cours de Jean PĂ©rimony (Paris).
Depuis plus de 30 ans, il a interprété
une trentaine de rÎles au théùtre.
Parmi les piÚces les plus récentes :
“Cavales” de Pierre Vignes (2011 à
2014), mis en scĂšne par SĂ©bastien Rajon, “Les Liaisons
dangereuses” de Choderlos de Laclos et “SuccĂšs reprise”, Ă©crit et mis en scĂšne par HervĂ© Devolder (2016 Ă 
2020). En 2020, il joue dans “Portrait d’un homme qui n’a
pas souvent dormi tranquille”, adaptĂ© Ă  partir des textes
de François Rabelais et mis en scĂšne par Jean-Pierre AndrĂ©ani et “Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermĂ©e”
de Musset, mise en scĂšne de Xavier Lemaire. Michel est
Ă©galement metteur en scĂšne et compte Ă  son actif une
vingtaine de piÚces. Au cinéma, il a joué sous la direction de
Zabou Breitman : “Se souvenir des belles choses”, GĂ©raldine
Nakache : “J’irai oĂč tu iras”, Steve Suissa : “Le Grand RĂŽle”
et, tout rĂ©cemment, avec ValĂ©rie Lemercier : Aline, et JeanJacques Annaud : “Notre-Dame brĂ»le”.
À la tĂ©lĂ©vision, il apparaĂźt dans la sĂ©rie “Mes amis, mes
amours, mes emmerdes” et la sĂ©rie amĂ©ricaine “Strangers”. Depuis 2006, Michel LalibertĂ© est Ă©galement codirecteur artistique du thĂ©Ăątre EssaĂŻon-Paris et, depuis 2011,
de l’Essaïon-Avignon.

DOMINIQUE THOMAS I Adolphe Bastien
Au cinĂ©ma, il tourne “L’immortel”
de Richard Berry ainsi que dans
“Barbe-Bleue” de Catherine Breillat oĂč il incarne le rĂŽle-titre et plus
rĂ©cemment, “Slalom” de C. Favier
sélectionné à Cannes 2020. A la
tĂ©lĂ©vision, il incarne le Commissaire Tricard dans la sĂ©rie “Petits
Meurtres d’Agatha Christie” Prod
Escazal, “Famille d’accueil” et “Magellan”, ainsi que dans
“Cherif”. Il est vu plus rĂ©cemment encore dans “l’Absente”
pour France 2. Au thĂ©Ăątre, il joue sous la direction de Franco Dragone dans “Othello” puis dans “Les Bas Fonds” de
Gorky sous la direction de Youri Kordonsky, puis “L’ami
des nùgres” de George Tabori mise en scùne par Agathe
Alexis à la Comédie de Béthune. Il adapte actuellement
son premier roman “Une veste de pyjama” sur scùne en
co-production avec la ScÚne Nationale « Le ManÚge » à
Maubeuge.

LES COPRODUCTEURS

La Compagnie Les Larrons
La Compagnie Les Larrons a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1992 sous l’impulsion de Xavier Lemaire, avec pour objectif de faire un
thĂ©Ăątre centrĂ© sur l’acteur, un acteur revivifiĂ©, un acteur
qui donne son sens au texte et Ă  la mise en scĂšne, un
acteur qui provoque l’émotion. Nous voulons raconter des
histoires et susciter l’émerveillement, qui ajoute la chaleur
du cƓur au rĂ©veil de l’esprit, avec pour support des textes
ayant un ancrage sur l’humain. Nous n’avons peur ni de
l’éclectisme, ni du profane, ni du sacrĂ© et nous cherchons
Ă  allier divertissement et culture, permettant au spectateur de ressortir enthousiaste et enrichi…
Depuis 1995, Les Larrons ont produit 28 spectacles et réalisé plus de 5000 représentations à Paris, en France et à
l’étranger. Pour ces diverses crĂ©ations, nous avons reçu le
soutien de : l’ADAMI, la DRAC (Ile de France), La Mairie de
Paris, la Fondation Beaumarchais, l’ANPE du Spectacle,
la Fondation La Poste, France Inter
 / Pour sa mise en
scùne de “La Soupe aux Orties”, Xavier Lemaire a reçu
le Prix Charles Oulmont 2004 sous l’égide de la Fondation
de France. / “Qui es-tu Fritz Haber ?” a obtenu le Prix
Coup de CƓur de la Presse OFF 2013. / “Les Coquelicots des tranchĂ©es” a obtenu le Prix du Public OFF 2014
et le MoliÚre 2015 Meilleur Spectacle Théùtre Public. /
“Un cƓur simple” a Ă©tĂ© nommĂ© aux MoliĂšres 2019 dans
la catégorie Meilleur Seul(e) en scÚne. Grégori Baquet a
Ă©tĂ© nommĂ© aux MoliĂšres 2019 pour “Hamlet” dans la catĂ©gorie meilleur acteur du ThĂ©Ăątre Public et Kamel Isker
aux MoliĂšres 2022 pour “LĂ -bas de l’autre cĂŽtĂ© de l’eau”
dans la catégorie Meilleur Espoir Masculin.
La compagnie Les Larrons effectue Ă©galement depuis
une vingtaine d’annĂ©es un travail de formation en milieu
scolaire qui a abouti aux crĂ©ations d’un oratorio, de deux
opĂ©ras, d’une comĂ©die musicale et de spectacles dĂ©ambulatoires. Enfin, durant l’exploitation de nos spectacles,
nous intervenons fréquemment en milieu scolaire pour
des opĂ©rations de sensibilisation et d’initiation Ă  l’art dramatique.
Les Larrons, Xavier Lemaire, Isabelle Andréani et le
ThĂ©Ăątre de La Luna, c’est 14 ans de collaboration, 14 ans
de créations intenses et ambitieuses :
“Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermĂ©e” de Musset
prĂ©cĂ©dĂ© de La clef du grenier d’Alfred d’Isabelle AndrĂ©ani / “L’échange” de Paul Claudel / “Le dernier venu” de
Roger DĂ©fossez / “Le jeu de l’amour et du hasard” de
Marivaux / “Qui es-tu Fritz Haber ?” de Claude Cohen,
Prix Coup de cƓur de la presse Off2013 / “Les coquelicots des tranchĂ©es”, Prix Public du Off 2014 et MoliĂšre
du meilleur Spectacle ThĂ©Ăątre Public 2015 / “Zigzag” de
Xavier Lemaire / “La Mùre confidente” de Marivaux / “Un
cƓur simple” de Gustave Flaubert et Isabelle AndrĂ©ani,
nomination MoliĂšres 2019 Meilleure Seule en ScĂšne.
Marilu Production
En 2009, Christophe Segura crée MARILU ProductionDiffusion.
Société de production qui produit à Paris, en tournée
et au Festival d’Avignon OFF des spectacles comme :
“CĂ©limĂšne et le cardinal” de Jacques Rampal / “Adolf
Cohen” de Jean-loup Horwitz / “LapidĂ©e” de Jean Chollet-Naguel / “Renata” de StĂ©phan Druet / “Orphans” de
Lyle Kessler / “Ciao Amore” de JĂ©rome l’Hotsky / “Psycause(s)” de Josiane Pinson / “Une diva Ă  Sarcelles”
de Virginie Lemoine / “Le bal” d’Irùne Nemirovsky /
“Kean” d’Alexandre Dumas mis en scùne par Alain Sachs
/ “Au scalpel” d’Antoine Rault mis en scùne par Thierry
Harcourt

Un théùtre éclectique tourné vers le talent de ses créateurs et interprÚtes.
StudioFact Live
StudioFact Live, dirigée par Christophe Barbier est une
filiale de StudioFact Media Group, qui produit exclusivement du contenu original issu d’histoires vraies.
Rien n’est plus vrai que le spectacle vivant. Rien n’est plus
vivant que le spectacle du vrai. De la vie Ă  la scĂšne, il
n’y a qu’un pas : StudioFact Live le franchit pour monter
sur les planches avec des histoires qui ne sont pas imaginĂ©es mais qui sont arrivĂ©es. Écrire pour le thĂ©Ăątre avec
l’encre du vrai, c’est inventer une narration qui respecte à
la fois l’exactitude des faits et l’alchimie Ă©motionnelle de
la scĂšne. StudioFact Live explore les faits divers, l’actualitĂ© la plus large et les archives incontestables de l’Histoire
pour les incarner « on stage ».
« Comme le dit Louis Jouvet, “le thĂ©Ăątre a Ă©tĂ© inventĂ©
pour apprendre aux gens qu’il y a autre chose que ce
qu’ils croient voir et entendre, qu’il y a un envers à ce
qu’ils croient ĂȘtre l’endroit des choses et des ĂȘtres”. C’est
pour découvrir cet « envers » que je me suis passionné
pour le théùtre, comme auteur, acteur, metteur en scÚne
et, désormais, au sein de StudioFact Live. »
Christophe Barbier

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REVUE DE PRESSE 2023

Reprise « Un Coeur Simple »

 Festival d’Avignon 2021  au ThĂ©Ăątre de La Luna Ă  11h35

du 07 au 31 juillet 2021 !

   

    Un COEUR SIMPLE d’aprĂšs Gustave Flaubert,

    Adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

    Mise en scÚne Xavier LEMAIRE

 

BANDE ANNONCE UN COEUR SIMPLE

Cliquer sur:

RAPPEL DES PRECEDENTES DATES D’Un Coeur Simple:

(En tournée en régions)

Saison 2018-2019

  • 07 au 09 mars 2019         CHARTRES       6 x reprĂ©sentations
  • 03 avril 19      CHAMPCEVINEL
  • 23 avril 2019      AVIGNON
  • du 25 au 27 avril 2019       MONACO                 4 x reprĂ©sentations
  • 10 mai 2019     ORSAY
  • 17 juin 2019      ThĂ©Ăątre Fontaine
  • 02 aoĂ»t 2019      Festival de SARLAT

Saison 2019-2020

  • Samedi 14 septembre 2019  CHANTILLY
  • Dimanche 15 septembre 2019  CHANTILLY
  • Jeudi 19 septembre 2019  CHANTILLY  2x reprĂ©sentations
  • Vendredi 27 septembre 2019   Saint Laurent Du Var
  • Dimanche 29 septembre 2019  Sainte Foy les Lyon
  • Mercredi 02 octobre 2019 TAM à Reuil Malmaison
  • Les vend 04 et samedi 05 oct Ă  20h30 ; dim 06 oct Ă  17h ; jeudi 10 oct Ă  14h ; vend 11 oct Ă  14h et Ă  20h ; dim 13 oct Ă  17h : Saint Maur                    7x reprĂ©sentations
  • Mardi 05 Novembre 2019   TOULON
  • Jeudi 07 Novembre 2019   DOUAI
  • Vend 15 Novembre 2019   CHAVILLE
  • Vend 22 Novembre 2019         SENS                      2x reprĂ©sentations
  • Jeudi 28 Novembre 2019 SAINT CYR L’ECOLE
  • Vend 29 Novembre 19   VILLENEUVE St GEORGES     2x reprĂ©sentations
  • Jeudi 05 dĂ©cembre 2019  LAGNY                               2x reprĂ©sentations
  • Vend 06 dĂ©cembre 2019  MARLY-LE-ROI            
  • Sam 14 dĂ©cembre 2019     ERMONT
  • Mardi 14 janvier 2020   Boulogne Billancourt
  • Mercredi 15 janvier 2020   Boulogne Billancourt
  • Vendredi 17 janvier 2020 VERNONT                       2x reprĂ©sentations
  • Samedi 18 janvier 2020 VAUCRESSON
  • Mardi 04 FĂ©vrier 2020 LE VESINET                         2x reprĂ©sentations
  • Jeudi 06 FĂ©vrier 2020 PUTEAU
  • Vendredi 06 mars 2020     Saint Amant Sault           
  • Samedi 07 mars 2020     Montauban               
  • Jeudi 12 mars 2020  Saint- Cloud

LE VENDREDI 13 MARS 2020 : tout s’est annulĂ©… EN ATTENTE de nouvelles concernant les reports de toutes ces dates sur la Saison 2020-2021.

  • Vend 13 Mars 2020  St Cyr sur Loire
  • Du 18 au 28 Mars 2020  NOUMEA (Nouvelle CalĂ©donie)       4x reprĂ©sentations
  • Jeudi 09 avril 2020  MORTEAU
  • Mercredi 06 mai 2020     VALLAURIS
  • Jeudi 14 mai 2020     TESTE DE BUCH
  • Mardi 19 mai 2020      VILLEPARISIS
  • Samedi 08 aoĂ»t 2020  L’Ile-aux-moines (Festival)

 

REPRISE Festival d’Avignon 2019:

au Théùtre de La Luna,

à 10h55, 

tous les jours, du 05 au 28 juillet 2019 !

   

 

    Un COEUR SIMPLE d’aprĂšs Gustave Flaubert,

    Adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

    Mise en scÚne Xavier LEMAIRE

 

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BANDE ANNONCE UN COEUR SIMPLE 2019

Cliquer sur:

 

SAISON  2018 – 2019

3Ăšme PROLONGATION !!!

au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, Ă  partir du 16 mars 2019, jusqu’au dimanche 30 juin 2019 !

    Tous les samedis à 19h

    et les dimanches à 15h

    AU Théùtre de POCHE !!!

    75, Bld du Montparnasse

    Un COEUR SIMPLE d’aprĂšs Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scĂšne Xavier LEMAIRE

    (Relùches exceptionnelles le 09 et 27-28 avril 2019)

2Ăšme PROLONGATION !

au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, Ă  partir du 12 janvier 2019, jusqu’au dimanche 03 mars 2019 !

 

Tous les samedis Ă  19h

et les dimanches Ă  15h.

AU THEATRE DE POCHE !!!

75, Bld du Montparnasse

Un COEUR SIMPLE d’aprĂšs Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scĂšne Xavier LEMAIRE

PROLONGATION au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, Ă  partir du 13 novembre 2018, jusqu’au jeudi 03 janvier 2019

 

TOUS LES MARDIS, MERCREDIS et JEUDIS Ă  19h.

AU THEATRE DE POCHE !!!

75, Bld du Montparnasse

Un COEUR SIMPLE d’aprĂšs Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scĂšne Xavier LEMAIRE

PRESSE UNANIME… pour Un Coeur Simple:

Le FIGARO ( 06.11.2018) par ARMELLE HELIOT

http://www.lefigaro.fr/theatre/2018/11/05/03003-20181105ARTFIG00220-la-servante-cette-belle-heroine.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de l’article du FIGARO: 
 « RĂ©guliĂšrement des adaptations voient le jour. C’est le FĂ©licitĂ© de Jean Audureau. Jean-Pierre Vincent crĂ©a la piĂšce Ă  la ComĂ©die Française. Inoubliable Françoise Seigner , Madame Aubain ; Denise Gence, FĂ©licitĂ©.  Aujourd’hui, c’est la magnifique Isabelle AndrĂ©ani que l’on applaudit dans la petite salle du Poche. Pas d’autres dĂ©cor que des claies de bois jetĂ©es sur le sol, face au public, dans une grande proximitĂ©. Isabelle AndrĂ©ani, interprĂšte, signe l’adaptation : on entend, on retrouve, presque toute la nouvelle. Mais le personnage dit « je ». On est fascinĂ©, immĂ©diatement happĂ© par cette interprĂšte qui efface toute distance, dirigĂ©e par Xavier Lemaire. Avec son visage lavĂ© de toute sophistication, son regard si clair et si sincĂšre, sa vĂ©ritĂ©, son grand art de dire, de faire vivre, elle nous bouleverse. Elle ne tient pas en place. Le bel oiseau, le perroquet naturalisĂ©, est sage. « Aimez les humbles, les gens de peu », dit Flaubert. Aimons ce thĂ©Ăątre. Armelle HĂ©liot

 

TELERAMA TT (186.10.2018) par JOELLE GAYOT

https://sortir.telerama.fr/evenements/spectacles/un-coeur-simple,n5824176.php

LIEN’   Sortir Grand Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de l’article de TELERAMA:

«  A-t-elle rencontrĂ© le rĂŽle de sa vie ?

Celui vers lequel la portaient son expérience et sa maturité ?

A observer les noces qui unissent sur la scÚne la comédienne Isabelle Andréani au personnage de Félicité, héroïne du récit de Flaubert, on se dit que ce rendez-vous allait de soi.

Entre l’actrice et la servante existe une mĂȘme humanitĂ©. Une identique humilitĂ©. Celle d’Isabelle AndrĂ©ani, qui sert en officiante zĂ©lĂ©e les phrases et le propos de l’auteur, celle de cette bonne du XIXe qui parle des coups durs comme des joies de la vie avec les mots vrais d’un cƓur qui ne sait pas tricher.

Nous entrons Ă  leur suite dans le monde d’en bas, lĂ  oĂč s’active une domestique aimant avec force ceux qui l’aiment, sans attendre plus que le peu qu’on lui donne. FĂ©licitĂ© n’est pas une Ăąme innocente, mais une femme exemplaire de tenue et de dignitĂ©. Chaque mot de Flaubert l’affirme.

Chaque regard de l’actrice le soutient. Belle leçon de grandeur. »

 

HUFFINTONPOST.FR ( 26.10.2018) par CHRISTINE CLERC

LES BLOGS / HUFFPOST / 26/10/2018

https://www.huffingtonpost.fr/christine-clerc/dans-un-coeur-simple-isabelle-andreani-joue-toutes-les-femmes-oubliees-du-monde_a_23572643/

Dans « Un coeur simple », Isabelle Andréani joue toutes les femmes oubliées du monde

L’actrice est la rĂ©vĂ©lation de la saison thĂ©Ăątrale Ă  Paris!

« Un coeur simple », au thĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, jouĂ© par l’actrice Isabelle AndrĂ©ani, jusqu’Ă  fin dĂ©cembre.

Les fĂ©ministes de 2018 n’ont plus qu’Ă  aller se rhabiller ! Avec sa nouvelle « Un cƓur simple », publiĂ©e en 1877, Flaubert avait dĂ©jĂ  fait bien plus fort que tous leurs dĂ©filĂ©s, slogans et communiquĂ©s. Sans cris, sans haine, ni ressentiment, cette histoire d’une orpheline devenue « bonne Ă  tout faire » nous dit tout des relations sociales impitoyablement codĂ©es, de la place de la femme dans la sociĂ©tĂ© du XIXĂšme siĂšcle… et trop souvent aussi, dans celle du XXIĂšme.

L’actrice Isabelle AndrĂ©ani, que l’on avait dĂ©couverte en « Lisette » dans « les Jeux de l’Amour et du Hasard » de Marivaux, (ThĂ©Ăątre Mouffetard) puis Ă  Avignon dans le rĂŽle de Marthe (« L’Echange », de Claudel) a eu un coup de foudre pour cette nouvelle de Flaubert. « Quand je l’ai lue, dit-elle, j’ai pensĂ© que si on ne l’incarnait pas, on n’aurait pas la chair du rĂ©cit et l’intensitĂ© des Ă©motions. » Elle l’a donc adaptĂ©e Ă  la premiĂšre personne « pour que l’histoire passe par la bouche de FĂ©licité ». Et elle est devenue FĂ©licitĂ©. DĂšs les premiers mots « Pendant longtemps, les bourgeoises de Pont-l’EvĂȘque ont enviĂ© Mme Aubain de m’avoir pour servante ! » elle nous emporte. Avec pour simple dĂ©cor trois planches figurant la maison de sa patronne, trois planches sur lesquelles claquent ses sabots rouges tandis qu’elle s’affaire de la cuisine Ă  la chambre de « Madame », avant d’aller « brider les chevaux, engraisser les volailles, battre le beurre »…

L’actrice Isabelle AndrĂ©ani, que l’on avait dĂ©couverte en « Lisette » dans « les Jeux de l’Amour et du Hasard » de Marivaux, (ThĂ©Ăątre Mouffetard) puis Ă  Avignon dans le rĂŽle de Marthe (« L’Echange », de Claudel) a eu un coup de foudre pour cette nouvelle de Flaubert. « Quand je l’ai lue, dit-elle, j’ai pensĂ© que si on ne l’incarnait pas, on n’aurait pas la chair du rĂ©cit et l’intensitĂ© des Ă©motions. » Elle l’a donc adaptĂ©e Ă  la premiĂšre personne « pour que l’histoire passe par la bouche de FĂ©licité ». Et elle est devenue FĂ©licitĂ©. DĂšs les premiers mots « Pendant longtemps, les bourgeoises de Pont-l’EvĂȘque ont enviĂ© Mme Aubain de m’avoir pour servante ! » elle nous emporte. Avec pour simple dĂ©cor trois planches figurant la maison de sa patronne, trois planches sur lesquelles claquent ses sabots rouges tandis qu’elle s’affaire de la cuisine Ă  la chambre de « Madame », avant d’aller « brider les chevaux, engraisser les volailles, battre le beurre »…

En une heure quinze, toute une sociĂ©tĂ© dĂ©file. Avec ses bourgeois ruinĂ©s, ses paysans, ses fils de famille alcooliques, ses jeunes filles trop dĂ©licates et ses bourgeoises qui vont Ă  la messe et Ă  vĂȘpres mais ont le cƓur si sec que Mme Aubain, voyant FĂ©licitĂ© inconsolable Ă  la mort de son neveu Victor, a cette rĂ©plique agacĂ©e « Ah, votre neveu ! Un mousse, un gueux, la belle affaire ! » C’est le seul moment oĂč FĂ©licitĂ©, bien que « nourrie toute son enfance Ă  la rudesse », s’avoue indignĂ©e. Mais quelques annĂ©es plus tard, la dĂ©couverte d’un petit chapeau d’enfant oubliĂ© dans une armoire les fera se jeter dans les bras l’une de l’autre « satisfaisant notre douleur dans une Ă©treinte qui nous Ă©galisait ». Car la force de ce texte ne naĂźt pas de la rĂ©volte et des cris, mais de l’incroyable soumission de l’humble servante. Toujours en quĂȘte d’amour, FĂ©licitĂ© a refusĂ© les avances grossiĂšres de quelques hommes qui ne l’Ă©pouseront pas. Elle a reportĂ© toute sa tendresse sur les enfants de sa maĂźtresse, Paul et Virginie « qui semblaient formĂ©s d’une matiĂšre prĂ©cieuse », puis sur son neveu, embarquĂ© pour l’AmĂ©rique. Puis enfin, sur un perroquet, abandonnĂ© par un baron voisin « élevĂ© Ă  la PrĂ©fecture ».

Il s’appelle Loulou. « Son corps est rouge, le bout de ses ailes bleu bordĂ© de turquoise »… Le rĂ©cit de Flaubert atteint ici au sublime surrĂ©aliste. FĂ©licitĂ© va enfin connaĂźtre un moment de bonheur… jusqu’Ă  ce que le perroquet meure et que Madame Aubain lui dise, lassĂ©e de la voir pleurer « Voyons, FĂ©licitĂ©, faites-le donc empailler ! » La fin pourrait ĂȘtre grotesque. Elle est poignante. Car Isabelle Andreani ne rĂ©ussit pas seulement Ă  nous faire goĂ»ter chaque nuance de l’Ă©criture de Flaubert. Belle, charnelle, sensuelle et tour Ă  tour vĂ©hĂ©mente, rieuse, attendrie et bouleversante, les larmes aux yeux, elle est FĂ©licitĂ© et toutes les femmes oubliĂ©es du monde. A la fin, quand elle meurt Ă  son tour prĂšs de son cher Loulou empaillĂ©, la salle pleure. Et applaudit Ă  tout rompre.

En raison de son succĂšs, le spectacle, programmĂ© pour s’achever en novembre, est prolongĂ© jusqu’en dĂ©cembre. Courez-y ! Courez aussi voir au ThĂ©Ăątre de Poche « La mĂ©nagerie de verre » de Tennessee Williams, mise en scĂšne avec sensibilitĂ© par Charlotte Rondelez. Et, au ThĂ©Ăątre La BruyĂšre, « SignĂ© Dumas ». Xavier Lemaire, le propre compagnon d’Isabelle Andreani et le metteur en scĂšne de son « Un CƓur Simple », y incarne avec puissance et appĂ©tit un formidable Alexandre Dumas, face Ă  son « nĂšgre » le fluet Auguste Maquet, auquel on doit « les Trois mousquetaires » et tant d’autres chefs-d’Ɠuvre. SidĂ©rant et jubilatoire.

Paris est une fĂȘte !

 

PublikArt – Webzine Culturel

Par     Stanislas Claude   Oct 28, 2018

Un beau moment de grùce avec Un coeur simple au Théùtre de Poche Montparnasse

Un Coeur simple est rien de moins que la piĂšce du mois d’octobre, tout simplement. Isabelle AndrĂ©ani occupe la scĂšne, elle hypnotise et elle envoute. Dans le rĂŽle apparemment ingrat de FĂ©licitĂ©, femme de devoir qui s’accommode de la frustration apparente de sa vie de servante dĂ©vouĂ©e, elle voit pourtant des raisons d’ĂȘtre simplement heureuse lĂ  oĂč d’autres maugrĂ©eraient dans des rĂ©criminations sans fin. Avec une Ă©conomie de moyen qui s’illustre par ces objets chiches sortis de sous une estrade en bois, FĂ©licité raconte sa vie, les gens qui l’ont cĂŽtoyĂ©, les enfants de sa maĂźtresse, son neveu, les petites joies qui en deviennent des grandes et les grandes peines qu’elle surmonte grĂące Ă  son caractĂšre entier. Une piĂšce de thĂ©Ăątre saluĂ©e par une salve d’applaudissements finaux nourris de bravos cent fois mĂ©ritĂ©s. Un grand moment de thĂ©Ăątre Ă  dĂ©couvrir au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse.

Une piÚce sans hypocrisie et sans subterfuges. 

Beaucoup d’anciens adolescents ont lu 3 Contes de Flaubert au collĂšge. Un cƓur simple, LĂ©gende de Saint Julien l’Hospitalier et HĂ©rodias ont ennuyĂ© ou au contraire charmĂ© ceux qui les ont lus. La premiĂšre histoire ravive un temps pas si ancien oĂč tant d’ĂȘtres dans l’indigence se sont mis au service de grands bourgeois fortunĂ©s, dans l’ombre mais pas sans acquĂ©rir une place centrale. A l’instar de la dialectique du maĂźtre et de l’esclave chĂšre à Hegel, Un coeur simple raconte le destin sans ampleur d’une femme qui se raccroche aux Ă©lĂ©ments de son quotidien pour crĂ©er de la joie. Les enfants de ses proches, le rythme inlassablement rĂ©pĂ©tĂ© de ses tĂąches mĂ©nagĂšres, Loulou le perroquet rouge aux ailes turquoises, tous lui apportent ce supplĂ©ment de vie sans quoi elle ne se verrait pas exister. Et Isabelle AndrĂ©ani interprĂšte magnifiquement Ă  elle seule ce destin de femme de rien qui devient l’hĂ©roĂŻne d’une nouvelle d’un des plus grands auteurs du XIXe siĂšcle. Et certains se diront qu’il est surprenant qu’une telle histoire rencontre un tel succĂšs au dĂ©but du XXIe siĂšcle. Car durant 1h10, aucune trace d’insignifiance ne transparait dans un rĂ©cit si peu de notre temps. MĂȘme si les rumeurs du village normand rappelleront les unes futiles des sites internet de mĂ©dias occidentaux souvent proches du vide, l’existence de FĂ©licité est celle d’une terrienne, certes peu Ă©duquĂ©e mais au coeur sensible et fragile aux attaques du dehors. Cette sensibilitĂ© touche le public en plein coeur durant tout le spectacle. FĂ©licité ne critique pas, ne fait pas de jugement hĂątif et ne condamne pas. Elle sait l’importance du respect mutuel pour permettre le vivre ensemble. Isabelle AndrĂ©ani prĂȘte certes quelques mots flagorneurs ou caricaturaux aux diffĂ©rents personnages qui Ă©voluent autour de FĂ©licitĂ©, attisant quelques Ă©clats de rire bienvenus pour quitter une certaine pesanteur rĂ©currente, l’hĂ©roĂŻne a tout d’une sainte au coeur d’une Ă©poque nichĂ©e entre l’épopĂ©e napolĂ©onienne et les rĂ©volutions du XIXe siĂšcle. Et Ă  la fin, ce que le discours final de l’actrice souligne aussi bien, c’est surtout le sentiment d’une juste cĂ©lĂ©bration du destin de femmes de rien qui ont contribuĂ© Ă  la vie des familles au XIXe siĂšcle qui ressort. De quoi faire du bien dans notre Ă©poque par trop anxiogĂšne et jonchĂ©e de quĂȘtes loin de la vĂ©ritĂ© du personnage de FĂ©licitĂ©.

Un coeur simple se joue encore pour quelques semaines au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse avant quelques reprises aux dates Ă  voir sur le site internet du thĂ©Ăątre. C’est le moment de rĂ©server sa place pour admirer la performance d’une comĂ©dienne aussi honnĂȘte et droite que le personnage qu’elle interprĂšte. Et ça fait du bien.

 

L’Oeil  d’Olivier

Un cƓur simple, le portrait sensible et humain d’une femme modeste

Olivier FrĂ©gaville-Gratian d’Amore 2 novembre 2018 Chroniques, ThĂ©Ăątre

Au Poche-Montparnasse, Xavier Lemaire et Isabelle AndrĂ©ani insuffle avec dĂ©licatesse la vie au CƓur simple de Flaubert

Sans cri, sans heurt, la vie dĂ©file avec son lot de vicissitudes, de peines et de joies. En adaptant le conte rĂ©aliste de Flaubert, Xavier Lemaire et Isabelle Andreani rendent un hommage vibrant Ă  nos arriĂšres grands-mĂšres, Ă  ces femmes rustiques, modestes, qui avaient de l’amour Ă  revendre, qui se satisfaisaient de peu. Une plongĂ©e saisissante dans la France rurale du XIXe siĂšcle, portĂ©e par une comĂ©dienne rare, bouleversante.

FĂ©licitĂ© (Ă©blouissante Isabelle AndrĂ©ani) n’a pas de chance, elle attire les mauvais coups du sort. Orpheline, naĂŻve, candide, cette fille de ferme accorte a le mauvais goĂ»t de plaire Ă  son patron. Ne voulant pas d’histoires, refusant toutes les avances tenant plus que tout Ă  son honneur, elle cherche une place ailleurs. EnamourĂ©e d’un beau jeune homme, qui aprĂšs lui avoir fait gentiment la cour, la laisse seule sur le bord de la route, elle finit par entrer au service de madame Aubain, une riche propriĂ©taire, veuve, austĂšre et sĂšche. Cette rudesse convient parfaitement Ă  sa simplicitĂ©, Ă  son naturel sans fard, Ă  sa conception presque ascĂ©tique de la vie.

Pourtant, FĂ©licitĂ© est ce qu’on appelle une belle nature, en quĂȘte d’amour, de compassion, elle a de la tendresse Ă  offrir, Ă  donner sans contrepartie aux autres. Rapidement, elle s’attache aux enfants de sa maĂźtresse, le beau Paul, la dĂ©licate Virginie. Elle les aime de tout son cƓur. Elle s’en occupe avec diligence et affection. Vieille fille, elle se prend d’une passion maternelle pour son beau neveu Victor. Elle lui cĂšde tout, fait tout ce qu’elle peut pour le rendre heureux. Enfin, elle s’entiche d’un perroquet aux mille couleurs, mais le sort s’acharne, les peines redoublent, rien ne lui sera Ă©pargnĂ©. Tous les gens qui comptent pour elle meurent ou s’éloignent. Rien n’y fait, rien n’entame son humeur toujours Ă©gale. Si colĂšre et souffrance bouillonnent dans son corps, jamais elle ne les exprime. Elle traverse la vie avec bonhomie, amĂ©nitĂ© sans jamais se plaindre. Elle force le respect. Afin que le rĂ©cit ciselĂ©, touchant de cette femme au cƓur simple prenne chair, Xavier Lemaire et Isabelle AndrĂ©ani ont pris le parti d’adapter Ă  la premiĂšre personne le conte de Flaubert. S’emparant de sa plume charnelle, fĂ©roce autant que tendre, ils entraĂźnent le spectateur au cƓur du XIXe siĂšcle, de sa sociĂ©tĂ© provinciale corsetĂ©e dans des principes compassĂ©s et livrent le portrait vrai, sensible d’une servante sans prĂ©tention qui pourrait ĂȘtre l’une de nos ancĂȘtres. Dans un dĂ©cor dĂ©pouillĂ© – juste quelques planches de bois symbolisent la maison de Madame Aubain – , usant de peu d’accessoires pour crĂ©er l’atmosphĂšre nostalgique, Isabelle AndrĂ©ani se glisse avec toute sa fougue, sa dĂ©licatesse, dans la peau de FĂ©licitĂ©. Elle lui offre sa silhouette gĂ©nĂ©reuse, sa douceur, sa force vitale. Jamais caricaturale, toujours juste, elle livre une interprĂ©tation sans fioriture qui touche au cƓur, parle Ă  l’ñme. Refusant tout pathos, la comĂ©dienne cĂ©lĂšbre ici la vie avec ses joies et ses peines. Truculente, bouleversante, elle est cette fille de campagne Ă  l’existence finalement si banale, au quotidien rythmĂ© uniquement par les tĂąches de la maison.

SĂ©duit par cette relecture captivante de ce texte de Flaubert que souligne si bien la mise en scĂšne tout finesse de Xavier Lemaire et le jeu subtil d’Isabelle AndrĂ©ani, le public quitte un temps le Paris du XXI e siĂšcle pour la Normandie du XIXe et se laisse prendre, envoĂ»ter par ce destin de femme singulier, commun. Un pur moment d’émotion !   Par Olivier FrĂ©gaville-Gratian d’Amore

https://critiques-theatres-paris.blogspot.com/2018/11/un-coeur-simple-gustave-flaubert-poche.html?fbclid=IwAR1AlB_0OVu3U52o-h7e0md6bSao8VEIRfIPbwlsa27UoY_1vpIA8Mw7oH0

 

 

UN COEUR SIMPLE GUSTAVE FLAUBERT POCHE

Dans la petite salle du thĂ©Ăątre de Poche-Montparnasse, fauteuils rouges et murs noirs, nous prenons place et l’endroit se remplit vite, le spectacle a du succĂšs
 et c’est mĂ©rité !

Elle arrive, elle dĂ©boule plutĂŽt d’un pas rapide
 toute droite sortie du pays d’Auge, de notre chĂšre Normandie et le monologue va commencer pour notre plus grand plaisir. Il est basĂ© sur l’Ɠuvre de Gustave Flaubert qui avec dĂ©licatesse, prĂ©cision, style, va dĂ©crire la vie quotidienne d’une servante, femme Ă  tout faire, dĂ©vouĂ©e corps et Ăąme Ă  sa maĂźtresse.

Flaubert a trouvĂ© le mot juste, ce qui donne Ă  son rĂ©cit beaucoup de force. On comprend la vie des petites gens, mĂ©prisĂ©s et exploitĂ©s. Comme l’écrit Flaubert : « Plus l’expression se rapproche de la pensĂ©e, plus le mot colle dessus, et plus c’est beau ».

Et vraiment, c’est trĂšs beau. Isabelle AndrĂ©ani est FĂ©licitĂ©.

Elle interprĂšte parfaitement le personnage, c’en est mĂȘme troublant.

Un texte magnifique, justement interprété, un spectacle à ne pas manquer.

 

Un cƓur simple de Gustave Flaubert, mise en scĂšne Xavier Lemaire, avec Isabelle AndrĂ©ani, du mardi au samedi à 19h au thĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, rĂ©servation au 01 45 44 50 21 et site Internet. (Un cƓur simple fait partie de recueil de 3 nouvelles : Trois contes)

Publié le 1er nov 2018     par Philippe Chavernac

 

ZONE CRITIQUE

FAISONS LE PARI DE LA CULTURE

Spectacles

La simplicitĂ© comme mot d’ordre

Posted by Jeanne Pois-Fournier                                                                                                       samedi 13 octobre 2018

La prose mĂ©lodique et pittoresque de Flaubert est Ă  entendre et Ă  voir sur les planches du thĂ©Ăątre de Poche-Montparnasse avec la brillante mise en scĂšne d’Un CƓur simple, par Xavier Lemaire, avec Isabelle AndrĂ©ani.

Paru en 1877, dans le recueil Trois Contes, Un CƓur simple est peut-ĂȘtre le texte le plus bouleversant de Flaubert. SituĂ© dans la Normandie du XIXe siĂšcle, ce rĂ©cit raconte l’histoire tragique d’une fille de campagne Ă  la fois servante et sainte, Ă©crasĂ©e par la vie.

DĂ©laissĂ©e par un amour de jeunesse, FĂ©licitĂ© entre au service de Madame Aubain, une bourgeoise corsetĂ©e et autoritaire. Elle s’occupe des tĂąches mĂ©nagĂšres et chĂ©rit les enfants de sa maĂźtresse, Paul et Virginie, et son neveu Victor. Mais chaque personne dont elle se prend d’affection est vite emportĂ©e par la maladie : Victor meurt de la fiĂšvre jaune Ă  la Havane, puis une fluxion de poitrine achĂšve Virginie, Ă  la santĂ© si fragile. Plusieurs annĂ©es passent, le dĂ©vouement de FĂ©licitĂ© ne tarit pas, au contraire. Elle s’entiche d’un perroquet nommĂ© Loulou dont on lui a fait cadeau. À sa mort, elle dĂ©cidera de l’empailler pour le conserver toujours prĂšs d’elle. La nouvelle s’achĂšve sur l’agonie de FĂ©licitĂ©, ayant contractĂ©e une pneumonie, et son ultime vision : « un perroquet gigantesque » dans les cieux.

De ce rĂ©cit inoubliable, saisissant de « simplicité », Isabelle AndrĂ©ani tire une adaptation fidĂšle et vivante. Le narrateur de Flaubert laisse place Ă  un rĂ©cit Ă  la premiĂšre personne, le « je » de FĂ©licitĂ©, sans rien perdre de son empathie, et Isabelle AndrĂ©ani excelle dans le rĂŽle de la servante dĂ©vouĂ©e et « tendre comme du pain frais ». Elle s’adresse Ă  nous avec autant de gĂ©nĂ©rositĂ© que son personnage. Et, tout comme FĂ©licitĂ© qui reprĂ©sente pour la France des petites gens un exemple hĂ©roĂŻque, elle fait preuve d’une puissance thĂ©Ăątrale Ă©difiante.

L’incarnation de la saintetĂ©

Sur scÚne, entre trois niveaux de plancher qui servent à la fois de chambre, de sanctuaire et de terrain de jeux, Isabelle Andréani comble tous les espaces, créent tous les accessoires, imitent, si besoin, la réplique de Madame Aubain, du perroquet.

Sur scĂšne, entre trois niveaux de plancher qui servent Ă  la fois de chambre, de sanctuaire et de terrain de jeux, Isabelle AndrĂ©ani comble tous les espaces, crĂ©e tous les accessoires, imite, si besoin, la rĂ©plique de Madame Aubain, du perroquet. Ses sabots heurtent le sol avec fracas, ses mouvements rapides s’enchaĂźnent comme autant de tĂąches ingrates qui incombent aux domestiques. On pourrait croire que FĂ©licitĂ© est une femme de bois, qu’elle a Ă©tĂ© programmĂ©e. Mais sa bontĂ© ne peut que nous Ă©mouvoir car elle est rare, presque impensable. Et ses Ă©chappĂ©es de folie – par exemple, lorsqu’elle trouve une ressemblance entre le Saint-Esprit et son perroquet – la rendent encore plus touchante. Elle pense comme elle peut, elle pense autrement.

C’est aussi un texte oĂč le statut de la femme et de la femme pauvre sont au cƓur de l’écriture de Flaubert. Contrairement Ă  Madame Bovary qui tente de vivre un amour inassouvissable, FĂ©licitĂ© explore le plus simple de la relation Ă  autrui : elle donne son amour et elle reçoit peu. Elle est une saintetĂ© contemporaine, dont les mots chargĂ©s d’humanitĂ© font un bien fou

 

CRITIQUE DES ÉVÉNEMENTS CULTURELS

THÊATRE-SPECTACLES  Un coeur simple

Flaubert dans son réalisme simple et attachant

 

VU PAR JEAN RUHLMANN

Publié le 22 oct. 2018

RECOMMANDATION

Excellent

THÈME

Dans la premiĂšre moitiĂ© du XIXe siĂšcle, on suit le destin de FĂ©licitĂ©, fille de ferme devenue domestique pour le compte de madame Aubain, une veuve de la moyenne bourgeoisie normande, l’action se situant Ă  Pont-l’ÉvĂȘque, de la Restauration jusqu’à la fin de la Monarchie de Juillet.

Premier des Trois contes de Flaubert, Un cƓur simple creuse la psychologie d’une femme devant faire face Ă  la perte de tout ce Ă  quoi son cƓur s’est s’attachĂ© sans calcul, au fil de son existence : la fille de sa maĂźtresse, son neveu Victor, divers personnages du petit monde de Pont-l’ÉvĂȘque et, pour finir, le perroquet Loulou, un des seuls ĂȘtres parvenant encore Ă  la faire rire


POINTS FORTS

  • Dans cette proposition thĂ©Ăątrale, l’essentiel repose sur la comĂ©dienne seule en scĂšne, et Isabelle AndrĂ©ani ne se contente pas d’interprĂ©ter une FĂ©licitĂ© dynamique et toute en Ă©motion, elle a Ă©galement adaptĂ© le texte de Flaubert, en le faisant passer du style direct Ă  la premiĂšre personne, ce qui concourt Ă  dynamiser le rĂ©cit et Ă  placer FĂ©licitĂ© plus encore au centre du conte.
  • La mise en scĂšne de Xavier Lemaire – notamment son choix d’installer des podiums de tailles et d’orientations diffĂ©rentes – se rĂ©vĂšle tout Ă  fait judicieuse pour matĂ©rialiser les lieux (ouverts ou clos) et les situations vĂ©cues par FĂ©licitĂ©. C’est a priori une contrainte physique pour les mouvements de la comĂ©dienne, que Lemaire a voulu extrĂȘmement mobile sur scĂšne.
  • Isabelle AndrĂ©ani surmonte ces obstacles et parvient Ă  Ă©voluer entre eux avec souplesse et rapiditĂ©, de sorte que, loin de constituer des artifices, ils sont tous maĂźtrisĂ©s et exploitĂ©s dans le sens du propos de la piĂšce, qui n’oublie pas de suggĂ©rer sans jamais appuyer, les barriĂšres sociales et les diffĂ©rences de comportement existant entre la domesticitĂ© et le monde des maĂźtres que FĂ©licitĂ© cĂŽtoie.
  • Le choix de Schubert pour l’accompagnement musical de la piĂšce est particuliĂšrement opportun pour scander les joies et les Ă©preuves rencontrĂ©es par FĂ©licitĂ©.

POINTS FAIBLES

Il faut bien convenir que, de l’affiche au baisser de rideau, il n’y a rien à redire 


EN DEUX MOTS …

Une adaptation de Flaubert fine et sensible Ă  l’image de FĂ©licitĂ©, chatoyante Ă  l’instar du plumage de son perroquet Loulou !

UN EXTRAIT

« Il s’appelait Loulou. Son corps Ă©tait vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu, et sa gorge dorĂ©e
 J’entrepris de l’instruire ; bientĂŽt, il rĂ©pĂ©ta : “Charmant garçon ! Serviteur, monsieur ! Je vous salue, Marie !“ Plusieurs s’étonnaient qu’il ne rĂ©pondĂźt pas au nom de Jacquot, puisque tous les perroquets s’appellent Jacquot. On le comparait Ă  une dinde, Ă  une bĂ»che : autant de coups de poignards pour moi ! Étrange obstination de Loulou, ne parlant plus du moment qu’on le regardait ! »

L’AUTEUR

On ne prĂ©sente plus Gustave Flaubert (1821-1880), figure majeure de la littĂ©rature française du XIXe siĂšcle, associĂ© au courant dit “rĂ©aliste“ qu’il promeut avec Madame Bovary (1857), puis dans L’éducation sentimentale (1869), avec des Ă©chappĂ©es orientalistes (SalammbĂŽ, 1862) qui tĂ©moignent de la puissance littĂ©raire et de la capacitĂ© de travail hors normes de cet Ă©crivain.

Dans Un cƓur simple (1877), l’une de ses derniĂšres Ɠuvres, Flaubert propose un conte qui s’enracine dans une Normandie que ce natif de Rouen et petit-fils d’un mĂ©decin de Pont-L’ÉvĂȘque connaĂźt bien. Il s’attache Ă  de simples figures du peuple, jusque lĂ  largement nĂ©gligĂ©es par les Ă©crivains ; sous la plume de Flaubert, les humbles deviennent des figures littĂ©raires centrales, ainsi chez les frĂšres Goncourt ou Zola, ses amis et admirateurs, qui le retrouvent pour d’interminables discussions dans les salons littĂ©raires ou les cafĂ©s des Grands boulevards


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UN CƒUR SIMPLE au thĂ©Ăątre de Poche-Montparnasse                12 Octobre 2018

 

 

Quand la parole d’une fille du peuple, d’origine paysanne de surcroit, Ă©merge mĂȘme pudiquement, un contentement surpris et fier vient accompagner l’écoute de ses propos.

« Pour cent francs par an, je faisais la cuisine et le mĂ©nage, cousais, lavais, repassais, savais brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et restai fidĂšle Ă  ma maĂźtresse, qui cependant n’était pas une personne agrĂ©able  »

Quand cette parole sait se faire tendre ou tonique, prĂ©cise et gĂ©nĂ©reuse, son Ă©coute touche au cƓur. Tout simplement, dans l’humilitĂ© de son rĂ©cit aussi noble que dĂ©pouillĂ© et si instructif sur les conditions de vie de la domesticitĂ© pauvre et dĂ©vouĂ©e, toujours Ă  la peine, en cette fin de 19ĂšmesiĂšcle.

« Paul et Virginie, l’un ĂągĂ© de sept ans, l’autre de quatre Ă  peine, semblaient formĂ©s d’une matiĂšre prĂ©cieuse ; je les portais sur mon dos comme un cheval ; et Madame Aubain me dĂ©fendit de les baiser Ă  chaque minute, ce qui me mortifia. Cependant je me trouvais heureuse  »

Oui, elle est généreuse Félicité. Elle fait don de soi autant par bonté que par ignorance.

« J’avais eu, comme une autre, mon histoire d’amour  » «   Le moment arrivĂ©, je courus vers mon amoureux. À sa place, je trouvai un de ses amis. Il m’apprit que je ne devais plus le revoir. Pour se garantir de la conscription, ThĂ©odore avait Ă©pousĂ© une vieille femme trĂšs riche, MmeLehoussais, de Toucques. »

Sa capacité de résilience à ses tourments remplace la résignation blessante à chaque refus, la frustration rebondissante à chaque travers et la privation de joies personnelles, intimes ou sociales. Son affection et son amour sont ses preuves de vie.

Une histoire simple pour un cƓur simple, qui tĂ©moigne de la duretĂ© de la vie des gens pauvres, beaux dans leur combat pour vivre ou survivre, heureux et tristes Ă  la fois, que Flaubert a si bien dĂ©crite.

À partir d’une nouvelle du grand Ă©crivain, parue dans le recueil « trois contes » en 1877, Isabelle AndrĂ©ani signe une adaptation thĂ©Ăątrale pour une comĂ©dienne, de belle facture, digne et d’une prĂ©cision ciselĂ©e. Sa FĂ©licitĂ© est heureuse de nous confier son rĂ©cit, de nous aider Ă  le faire nĂŽtre, Ă  nous en Ă©mouvoir simplement mais irrĂ©mĂ©diablement.

La mise en scĂšne de Xavier Lemaire est adroite, vive et calĂ©e au cordeau. Les ruptures et les sursauts, les silences et les pauses du rĂ©cit comme les propos et les mouvements du personnage sont rythmĂ©s et distillĂ©s avec un raffinement et une prĂ©cision d’orfĂšvre qui nous tiennent en haleine, tendus vers l’écoute et l’observation, impatients de dĂ©couvrir la suite de cette histoire captivante.

Mais la beautĂ© du spectacle Ă©clot pleinement grĂące Ă  l’interprĂ©tation incarnĂ©e, lumineuse et sincĂšre de Isabelle AndrĂ©ani. Une comĂ©dienne Ă©poustouflante. Sa sensibilitĂ© touche Ă  la dĂ©licatesse, sa puissance de jeu Ă  l’entiĂšretĂ© de son engagement. Elle porte toutes les facettes de son personnage avec un brillant talent. Elle est FĂ©licitĂ© ou plutĂŽt FĂ©licitĂ© c’est elle, je ne sais pas, je ne sais plus.

Cette adaptation rĂ©ussie est bienveillante et bienfaisante. L’interprĂ©tation y est magistrale et poignante. Ce spectacle est une perle admirable que j’ai plaisir Ă  recommander.

Spectacle vu le 11 octobre 2018,

Frédéric Perez

 

 

 

« Un CƓur simple »

au Théùtre de Poche.  Critique, Théùtre

 

par Ton That Thanh Van                                          11 octobre 2018

 

Isabelle AndrĂ©ani a adaptĂ© cette nouvelle de Flaubert et Ă  travers ce personnage fictif, a voulu rendre hommage Ă  toutes ces femmes de l’ombre injustement oubliĂ©es par la grande Histoire et qui ont rarement droit de citĂ© littĂ©raire. En lui prĂȘtant ses grands yeux qui tantĂŽt s’attristent, tantĂŽt s’émerveillent, sa voix et surtout son corps bien en chair, Ă  l’étroit dans ses habits de femme du peuple, elle incarne dans tous les sens du terme cette « servante au grand cƓur » chĂšre Ă  Baudelaire et aussi attachante que la niania de Pouchkine ou la Françoise de Proust (un de ses modĂšles, CĂ©leste Albaret a rĂ©digĂ© ses mĂ©moires sur « Monsieur Proust »). Pendant un peu plus d’une heure, une vie dĂ©file sous nos yeux, de l’enfance jusqu’à la mort, alors que le temps semble Ă©pargner cette grande petite fille trop vite grandie (« qui a vingt-cinq ans en paraissait dĂ©jĂ  quarante ») et marquĂ©e par les Ă©preuves de l’existence, l’abandon, les deuils.

Sur une petite scĂšne dont l’éclairage intimiste varie, dans un dĂ©cor minimaliste (une barre, un drap tendu ou battu avec rage dans d’intenses moments de dĂ©sespoir) avec quelques objets (une robe de petite fille, un jouet d’enfant, un perroquet empaillĂ©) et des planchers de niveaux diffĂ©rents, lĂ©gĂšrement inclinĂ©s. FĂ©licitĂ© les frotte, Ă  genoux, comme les personnages de Caillebotte et ressemble parfois aussi Ă  La LaitiĂšre de Vermeer, figure pleine de bontĂ© maternelle, protectrice et nourriciĂšre, alors qu’elle est une Ă©ternelle affamĂ©e d’amour. Ces planchers sont autant de petites scĂšnes correspondant Ă  des moments de vie, aux Ă©tapes d’un calvaire humble et presque silencieux.

Dans cette transposition Ă  la premiĂšre personne qui fait entendre les nuances et les richesses de la prose flaubertienne, FĂ©licitĂ© au nom plein de rĂ©sonance ironique, occupe une place encore plus centrale que dans la nouvelle, alors qu’elle ne maĂźtrise pas son destin. MalgrĂ© la lourdeur de sa robe et de ses sabots, elle court, elle s’agite, occupe tout cet espace limitĂ© comme un oiseau en cage et son corps maladroit et Ă©loquent rĂ©vĂšle ses Ă©tats d’ñme. Comme Charles Bovary, elle aussi pourrait dire : « C’est la fatalitĂ© ». Pourtant elle garde l’amour, l’espĂ©rance et une foi lumineuse. Autour d’elle tous les personnages gravitent qu’elle interprĂšte en changeant de voix : le viril sĂ©ducteur ThĂ©odore, Mme Aubain un peu condescendante et mĂȘme le perroquet Loulou Ă  la voix chevrotante. C’est seulement aprĂšs sa mort que le narrateur reprend ses droits alors que resplendit l’image du perroquet qui se confond avec le Saint-Esprit.

Ce beau portrait de femme Ă  valeur allĂ©gorique malgrĂ© un point de dĂ©part extrĂȘmement rĂ©aliste, nous fait dĂ©couvrir un esprit naĂŻf, une Ăąme candide et un cƓur simple car pur. Cette Ă©criture de la perte des ĂȘtres chers (successivement parents, fiancĂ©, neveu, la petite dont elle s’occupe, sa patronne) explore les mĂ©andres des souffrances souvent discrĂštes et silencieuses et loue la foi enfantine des humbles (ceux que Hugo appellent les misĂ©rables) et des petits, sans jamais basculer dans le pathĂ©tique (la musique est discrĂšte) ni le grotesque, ce qui n’exclut pas certains moments pleins de tendresse et d’humour (comme l’épisode hĂ©roĂŻcomique du taureau).

Solitude et compassion, Ă©motions Ă  fleur de peau : FĂ©licitĂ©, c’est elle.

D’aprĂšs Gustave FlaubertMise en scĂšne Xavier Lemaire. ScĂ©nographie Caroline Mexme Avec Isabelle AndrĂ©ani. Production Les Larrons

DE LA COUR AU JARDINDes critiques, des interviews webradio.

CRITIQUE                          Un coeur simple              11 OCTOBRE 2018

Rédigé par Yves POEY et publié depuis Overblog

 

Plus simple, le cƓur de FĂ©licitĂ©, ça ferait trop !

Mais attention, cette simplicité résonne ici presque comme un compliment.
Félicité, la servante de Mme Aubin, elle est simple. Elle est gentille, elle est brave.
Pas mĂ©chante pour un sou, n’allant pas chercher midi Ă  quatorze heures, toujours positive malgrĂ© les mauvais coups de la vie. Dure au travail, aussi. Je ne serais pas plus Ă©tonnĂ© que cela que Emile Pinchon, le pĂšre de BĂ©cassine, se soit inspirĂ© de l’hĂ©roĂŻne de la nouvelle Ă©crite par Gustave Flaubert.

L’auteur de Madame Bovary nous dĂ©crit ici en dĂ©tail la vie d’une sans-grade, d’une modeste employĂ©e de maison. Une gentille fille normande du XIXĂšme siĂšcle.
Une reprĂ©sentante de la France-d’en-bas de l’Ă©poque. Un membre de l’Ă©tage infĂ©rieur d’un Downtown Abbey pontĂ©piscopien.

Elle n’a jamais su lire et Ă©crire, devant garder les vaches dĂšs sa plus tendre enfance.

Isabelle Andréani a adapté cette nouvelle, notamment en utilisant la premiÚre personne du singulier.
La comédienne ne jouera pas ce personnage. Non. Elle sera purement et simplement cette Félicité, la rendant on ne peut plus attachante.

Mise en scĂšne par Xavier Lemaire, elle apparaĂźt en corsage blanc, longue jupe bleue qui laisse entrevoir des jupons rouges, des bas de laine naturelle et des sabots.
Aucun dĂ©cor, si ce n’est quelques Ă©lĂ©ments de plancher Ă  diffĂ©rentes hauteurs.

Le texte et l’interprĂ©tation du rĂŽle suffiront bien.

La comĂ©dienne parvient immĂ©diatement et sans peine Ă  nous rendre dĂ©pendants de sa parole. J’Ă©tais suspendu Ă  ses lĂšvres.
Elle va se dépenser sans compter ! Avec une énergie et une vivacité phénoménales, elle courra souvent autour de ces lattes de bois, bondissant et tombant parfois dessus.
Elle va se montrer remarquable et lumineuse ! A tel point que je me suis souvent dit que ce texte était écrit pour elle.

Ce sera un pur bonheur que de la voir nous conter les aventures de FĂ©licitĂ©, simples elles aussi, mais en mĂȘme temps sublimes.
Car ici, Melle Andréani réussit à sublimer cette simplicité voulue par Flaubert, la rendant à la fois exemplaire et extra-ordinaire.
Des moments apparemment anodins sont dĂ©crits et dits avec une force Ă©tonnante, comme la charge d’un taureau, une promenade, les occupations de Paul et Virginie les enfants de la maison, ou encore la rencontre avec Loulou le perroquet…
Isabelle AndrĂ©ani nous dĂ©peindra Ă©galement avec une belle acuitĂ© d’autres personnages, un amoureux entreprenant tirant sur sa bouffarde, un cocher vindicatif, une maĂźtresse de maison condescendante, un avouĂ© aux mystĂ©rieuses occupations avec la prĂ©cĂ©dente…A chaque fois, elle nous propose des petits tableaux de vie d’un Ă©tonnant rĂ©alisme.
La comĂ©dienne nous fera beaucoup rire, (les scĂšnes avec le perroquet sont jubilatoires), jouant Ă  la perfection le « bon sens prĂšs de chez vous », imitant parfois l’accent normand, traĂźnant les « a ».
Elle sera Ă©galement bouleversante, avec plusieurs fois les larmes aux yeux.
La derniÚre scÚne est magnifique. La simplicité tutoie le grandiose.
Voulez-vous que je vous dise ?
C’est un spectacle qui fait du bien. Un spectacle qui raconte une vie, en apparence modeste et simple, d’une hĂ©roĂŻne ordinaire.Et qui dĂ©crit de maniĂšre Ă©clatante une qualitĂ© de plus en plus passĂ©e sous silence : la bontĂ©.

UN CƒUR SIMPLE – ThĂ©Ăątre de Poche-MontparnasseUn cƓur simple est au dĂ©part une nouvelle de Gustave Flaubert tirĂ©e du recueil Trois contes, qui retrace l’histoire d’une servante au XIX e siĂšcle, en Normandie, FĂ©licitĂ© de son prĂ©nom. Isab…

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/project/un-coeur-simple/

R42, culture gourmande !

Un peu de tout mais beaucoup de culture et de gourmandise pour tout

Depuis l’adolescence, j’étais fĂąchĂ©e avec Flaubert mais depuis le ‘Madame Bovary adaptĂ© par Paul Emond’ dĂ©jĂ  jouĂ© au thĂ©Ăątre de Poche, j’avais fait la paix avec l’écrivain et ce soir, j’en suis Ă  avoir envie de le lire Ă  nouveau
  Et c’est grĂące Ă  l’adaptation de la nouvelle ‘un coeur simple ‘par Isabelle AndrĂ©ani.

C’est l’histoire de FĂ©licitĂ©, une femme du XIX Ăšme siĂšcle. C’est FĂ©licitĂ© elle-mĂȘme qui raconte sa vie via la merveilleuse Isabelle AndrĂ©ani seule sur scĂšne. FĂ©licitĂ© est nĂ©e dans une famille pauvre, a perdu ses parents de bonne heure et s’est retrouvĂ©e employĂ©e de ferme chez divers fermiers de sa rĂ©gion normande, elle a fini par se fixer comme servante chez Madame Aubin et ses deux enfants : Paul et Virginie.

FĂ©licitĂ© semble ne pas avoir d’ñge, elle dĂ©roule tout le texte de la nouvelle en la racontant Ă  la premiĂšre personne du singulier. Je suis restĂ©e stupĂ©faite par l’acuitĂ© avec laquelle Flaubert a pu croquer la vie d’une simple femme peu Ă©duquĂ©e de province, le texte est extrĂȘmement prenant et trĂšs prĂ©cis. On visualise facilement les divers endroits oĂč passe l’hĂ©roĂŻne. On ressent sa joie, ses tristesses
 C’est comme si on Ă©tait avec elle.

Sur la scĂšne, divers carrĂ©s de planchers de diffĂ©rentes hauteurs sont disposĂ©s au sol, et FĂ©licitĂ© va nous donner un rythme rien qu’en sautant de l’un Ă  l’autre avec ses sabots rouges. Il faut dire que son enthousiasme fait plaisir Ă  voir, mĂȘme si je me suis inquiĂ©tĂ©e, Ă  tort, de la voir chuter lors d’un de ces sauts. Isabelle AndrĂ©ani dĂ©pense une belle Ă©nergie pour faire revivre FĂ©licitĂ© sous nos yeux et elle utilise une vaste palette de sentiments. Elle ne lĂ©sine pas sur la dĂ©pense physique et c’est ce qui rend FĂ©licitĂ© si vivante ! Oui, elle parle sans s’interrompre pendant 1h15 ! C’est la nature gĂ©nĂ©reuse de FĂ©licitĂ© qui est rejointe par celle de la comĂ©dienne !

La mise en scĂšne de son complice Xavier Lemaire apporte fluiditĂ© et prĂ©cision à l’ensemble. Ces deux-lĂ  n’en sont pas Ă  leur premiĂšre collaboration : Zig zag, Qui es-tu Fritz Haber ?
. Et ça se sent ! L’ambiance sonore m’a aussi charmĂ©e

Il y a lĂ  beaucoup d’élĂ©ments pour passer une bonne soirĂ©e et le public ne s’y est pas trompĂ© car les ‘Bravo’ ont fusĂ© dĂšs le dĂ©but des applaudissements.

Au Poche, jusqu’au 3 Novembre 2018

De Gustave Flaubert, adapté par isabelle Andréani, mis en scÚne par Xavier Lemaire et avec Isabelle Andréani.

 

https://www.radioclassique.fr/

Un cƓur simple au thĂ©Ăątre de poche

Le 09 octobre 2018, écrit par  Arthur Barbaresi

Un cƓur simple au thĂ©Ăątre de poche.

La simplicitĂ©, disait Georges Sand, est la chose la plus difficile Ă  obtenir dans ce monde. Flaubert ne pouvait qu’approuver la citation de son amie proche Ă  qui il dĂ©die un CƓur simple, nouvelle tirĂ©e du recueil des Trois Contes paru en 1877. Cette question de la simplicitĂ© dans la crĂ©ation ne se borne pas au travail d’écriture mais concerne aussi la composition musicale. Le musicien Claude Debussy est aussi sensible Ă  cette idĂ©e en considĂ©rant que l’extrĂȘme complication est le contraire de l’art.

La mise en scĂšne minimaliste de Xavier Lemaire est loin de cette extrĂȘme complication. La musique de Schubert se mĂȘle avec subtilitĂ© Ă  celle de la langue flaubertienne. La puissance du verbe de l’auteur y est splendidement restituĂ©e par l’adaptation fidĂšle et l’incarnation gĂ©nĂ©reuse d’Isabelle AndrĂ©ani, qui occupe avec Ă©nergie un espace scĂ©nique dĂ©pouillĂ©. La scĂ©nographie est sans artifice et aussi modeste que notre protagoniste. Des planchers en forme de croix Ă©voquent le caractĂšre mystique, christique d’un ĂȘtre dont la vie est marquĂ©e par le sacrifice et l’abnĂ©gation : FĂ©licitĂ© serait-elle une sorte de Job au fĂ©minin ? Ce qui est sĂ»r, c’est que son nom interroge. Se nommer FĂ©licitĂ© quand on mĂšne une vie de servitude et de dĂ©vouement semble ĂȘtre une ironie de l’écrivain


Toute la narration de la piĂšce repose sur la puissance d’évocation des quelques accessoires qui ponctuent le monologue. Une Ă©popĂ©e intime aux parfums de Normandie qui retrace Ă©galement le contexte politique des premiĂšres dĂ©cennies du XIX siĂšcle. Un dĂ©paysement. Flaubert nous plonge dans les trĂ©fonds de l’ñme de cette servante qui nous fait le rĂ©cit de ses enthousiasmes et de ces chagrins, de ces petits riens qui font une existence humaine. Comme tout le monde, FĂ©licitĂ© a Ă©tĂ© tourmentĂ©e par l’amour. Eprise d’un homme avec lequel elle ne se mariera finalement pas, elle devient la domestique de Madame Aubain Ă  Pont-L’EvĂȘque. MalgrĂ© les tourments qu’elles traversent, notre personnage conserve son innocence et sa puretĂ©. Une mise en scĂšne au service de la simplicitĂ©, c’est-Ă -dire de l’essentiel. Une adaptation simple qui a du cƓur.

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AprĂšs le Festival d’Avignon, retour au ThĂ©Ăątre de Poche Montparnasse, Ă  partir du 02 octobre 2018.

A dĂ©couvrir ou Ă  revoir : « UN COEUR SIMPLE » d’aprĂšs Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scĂšne Xavier LEMAIRE

au Théùtre de Poche, du mardi au samedi à 19h !

Au Théùtre de POCHE, à partir du 02 octobre 2018, pour 25 représentations exceptionnelle!

CREATION Festival d’Avignon 2018 : ThĂ©Ăątre de La Luna du 06 au 29 juillet Ă  10h45 

« UN COEUR SIMPLE » d’aprĂšs Gustave Flaubert, adaptation et interprĂ©tation Isabelle ANDREANI, mise en scĂšne Xavier LEMAIRE au ThĂ©Ăątre de LA LUNA, crĂ©Ă© pour le Festival OFF d’Avignon 2018 !

RESUME

Un cƓur simple est au dĂ©part une nouvelle de Gustave Flaubert (tirĂ©e de son recueil Trois contes), qui retrace l’histoire d’une servante au 19Ăš siĂšcle, en Normandie, FĂ©licitĂ© de son prĂ©nom…
Isabelle AndrĂ©ani l’a adaptĂ© pour le thĂ©Ăątre et l’incarne avec toute la force Ă©motionnelle et lumineuse qu’on lui connait, Xavier Lemaire l’accompagne dans une mise en scĂšne fluide et charnelle.
C’est ce seul en scĂšne que nous vous proposons de dĂ©guster de bon matin en Avignon !

Dans le rÎle de Félicité : Isabelle Andréani

Isabelle AndreaniIsabelle AndrĂ©ani a Ă©tĂ© formĂ©e Ă  l’Ecole SupĂ©rieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris. Elle joue de nombreux classiques : Marivaux, MoliĂšre, Beaumarchais, Goldoni, Feydeau
 Actrice de Compagnie, elle a travaillĂ© notamment, 9 ans avec Jacques Seiler, dans la Compagnie THEATRE AUJOURD’HUI.
Elle participe aux crĂ©ations d’auteurs contemporains tels que : Y. Simon, L-C Sirjac, X. Durringer, V. Feyder, C. Thibaut, D. Keen (Puisque tu es des miens) et Hanokh Levin (rĂŽle: Doupa La Godiche dans Kroum l’Ectoplasme, mise en scĂšne de ClĂ©ment PoirĂ©e, au ThĂ©Ăątre de la TempĂȘte).
Sous la direction de Carole Thibaut, crĂ©ations de: IntĂ©rieurs et Immortelle Exception ainsi qu’en 2010, avec la piĂšce EtĂ©, au ThĂ©Ăątre de l’Etoile du Nord.
Sous la direction et avec Xavier Lemaire, elle joue Eve dans Adam, Eve et descendances de P. Bancou au ThĂ©Ăątre du Balcon puis au ThĂ©Ăątre EssaĂŻon. Elle Ă©crit et met en scĂšne (aux cĂŽtĂ©s de Xavier Lemaire) La clef du grenier d’Alfred, qu’elle associe à Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermĂ©e  d’Alfred de Musset, crĂ©Ă© en novembre 2007 au ThĂ©Ăątre AktĂ©on, repris au ThĂ©Ăątre EssaĂŻon puis en tournĂ©e pour plus de 370 reprĂ©sentations Ă  ce jour. Elle a obtenu le prix Charles Oulmont sous l’Ă©gide de la fondation de France 2008, pour son interprĂ©tation sur ce spectacle. Toujours dans la mise en scĂšne de Xavier Lemaire, elle interprĂšte le rĂŽle de Lisette dans Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, (ThĂ©Ăątre Mouffetard 2008 & 2011 – ThĂ©Ăątre La Luna 2012), puis le rĂŽle de Marthe, dans L’échange – 2Ăš version de Paul Claudel (ThĂ©Ăątre Mouffetard 2011 – ThĂ©Ăątre La Luna 2011 & 2012). CrĂ©ation au Festival d’Avignon 2013 de « Qui es-tu Fritz Haber? » de Claude Cohen , aux cotĂ©s et dans la mise en scĂšne de Xavier Lemaire, repris 5 mois au thĂ©Ăątre de Poche Ă  Paris et en tournĂ©e jusqu’en 2017, pour 250 reprĂ©sentations.
En 2015, elle joue Dolly, dans Anna KarĂ©nina, d’aprĂšs TolskoĂŻ, dans l’adaptation et mise en scĂšne de Cerise Guy-Sachs, au ThĂ©Ăątre 14.
Et toujours sous la direction de Xavier Lemaire, elle joue Lisette de « La mĂšre Confidente »de Marivaux, Ă  La Luna au Festival d’Avignon puis Ă  Paris au Studio HĂ©bertot, en 2017. Enfin, elle crĂ©e ZIGZAG au Festival d’Avignon 2015 puis 2016 au ThĂ©Ăątre de la Luna, puis en tournĂ©e internationale, et repris en 2018 au ThĂ©Ăątre du Petit Montparnasse.

Isabelle Andréani (Félicité) dans UN COEUR SIMPLE d'aprÚs Gustave Flaubert

Un mot du metteur en scĂšne…

Les Larrons, Isabelle AndrĂ©ani, le ThĂ©Ăątre de La Luna et moi- mĂȘme : c’est 10 ans de collaboration, 10 ans de crĂ©ations intenses et ambitieuses :

  • Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermĂ©e de Musset prĂ©cĂ©dĂ© de La clef du grenier d’Alfred d’Isabelle AndrĂ©ani

  • L’échange de Paul Claudel

  • Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux

  • Qui es tu Fritz Haber ? de Claude Cohen, Prix Coup de cƓur de la presse Off2013,

  • Les coquelicots des tranchĂ©es, Prix Public du Off 2014 et MoliĂšre du meilleur spectacle ThĂ©Ăątre Public 2015,

  • Zigzag de Xavier Lemaire


Les Ă©chos de la presse
. octobre 2018

« Le Petit Rhapsode » (critiques théùtrales) / Richard Malgalditrichet        04/10/18


et des papillons s’envolĂšrent de l’armoire
Un cƓur simple est une nouvelle de Gustave Flaubert tirĂ©e du recueil Trois contes, publiĂ© trois ans avant sa mort. Celle-ci apparaĂźt dans l’oeuvre de notre grand auteur comme une Ă©pure, un concentrĂ© de son style que certains trouvent ici Ă  son apogĂ©e. Epure est Ă©galement le terme qui convient exactement Ă  la magnifique adaptation d’Isabelle AndrĂ©ani, mise en scĂšne par Xavier Lemaire.

L’histoire de FĂ©licitĂ©, servante normande du XIXe siĂšcle, ponctuĂ©e de chagrins, de deuils et de furtives joies, est Ă  la fois Ă©mouvante, drĂŽle, Ă©tonnante mais toujours terriblement humaine. Michel Tournier disait au sujet de la bonne : « FĂ©licitĂ© est revĂȘtue comme d’une armure de diamant par la simplicitĂ© de son coeur ». Ce spectacle en est l’illustration criante.

Dans une scĂ©nographie Ă  la simplicitĂ© Ă©galement Ă  son image, le texte est mis en relief et nous captive, voire nous capture, et laisse apparaĂźtre tel un camĂ©e finement ciselĂ© le visage d’Isabelle AndrĂ©ani dans le rĂŽle de la bonne toujours vaillante et courageuse. Son travail de comĂ©dienne est remarquable, sa bonhomie enjouĂ©e, son regard embuĂ© d’Ă©motion rappelle le portrait de La LaitiĂšre de Vermeer. Experte, elle nous mĂšne de bout en bout, nous fait dĂ©couvrir le monde Ă  travers son Ɠil naĂŻf mais toujours bienveillant. Reflet discret et rĂ©signĂ© d’une Emma Bovary dans sa campagne normande, Isabelle AndrĂ©ani nous offre une FĂ©licitĂ© touchĂ©e par la grĂące, avec laquelle nous ne pouvons que communier. Les papillons qui s’envolent Ă  l’ouverture de l’armoire de l’enfant dĂ©funte sont comme les souvenirs qu’elle partage avec nous, tout en dĂ©licatesse et retenue.

Figure allĂ©gorique du monde du XIXe siĂšcle, FĂ©licitĂ© fait partie de ce peuple qui, dĂ©clarait Victor Hugo « a l’avenir, et qui n’a pas le prĂ©sent ». Isabelle AndrĂ©ani en est l’Ă©cho pour nous aujourd’hui et fait rĂ©sonner, grĂące Ă  Flaubert, toutes les petites histoires et les petites vies qui nous ont façonnĂ©(e)s.

« Un cƓur simple » de Gustave Flaubert, adaptation d’Isabelle AndrĂ©ani,

mise en scÚne Xavier Lemaire; avec : Isabelle Andréani; Scénographie : Caroline Mexme

A partir du 2 octobre 2018 au Théùtre de Poche-Montparnasse

www.theatredepoche-montparnasse.com

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THEATRAUTEURS

Actualité théùtrale, chroniques          03/10/2018

Dernier des « Trois contes » et dernier ouvrage de Flaubert paru de son vivant en 1877, « Un cƓur simple » est l’histoire de FĂ©licitĂ©, fille de ferme normande qui deviendra  bonne Ă  tout faire Ă  Pont l’EvĂȘque, chez Madame Aubain, qui la recrute sur un marchĂ©, comme on acquiert un nouveau bien.

L’histoire non pas tragique mais banalement triste de FĂ©licitĂ© retrace la vie de milliers de jeunes femmes d’alors, souvent dĂ©racinĂ©es et se mettant ou Ă©tant mises Ă  la disposition de familles plus ou moins fortunĂ©es.

Madame Aubain, bourgeoise, veuve dĂ©sargentĂ©e est mĂšre de deux enfants que Flaubert prĂ©nomme, comme pour s’amuser, Paul et Virginie, allusion au roman de Bernardin de Saint Pierre, modĂšle du roman du siĂšcle prĂ©cĂ©dent, comme un hommage du romancier type du XIXĂš Ă  son grand prĂ©dĂ©cesseur.

Rappelons au demeurant que le roman « Paul et Virginie » tourne autour de la nostalgie du paradis perdu, et que cette notion du paradis, perdu ou Ă  trouver, cette quĂȘte d’une paix que dans sa simplicitĂ© FĂ©licitĂ© pourrait nommer « bonheur » est en filigrane dans ce « CƓur simple ». 

Le choix mĂȘme du prĂ©nom de FĂ©licitĂ© n’est pas anodin : issu du latin, signifiant chance, c’est un substantif qui signifie bonheur et joie. Notre FĂ©licitĂ© fait mentir son prĂ©nom et reste une femme gentille et, pour ĂȘtre anachronique, assez soumise.

DupĂ©e dans son unique histoire d’amour, elle va reporter sur les enfants Aubain, puis sur son neveu toute son affection et elle subira les dĂ©parts successifs des ĂȘtres aimĂ©s, pour reporter son intĂ©rĂȘt et ses sentiments sur Loulou, son perroquet chamarrĂ©.
 
Isabelle AndrĂ©ani nous donne Ă  voir, nous offre rĂ©ellement, comme un divin prĂ©sent, un personnage formidable de vie et d’humanitĂ©, riche de sentiments cachĂ©s, d’émotions retenues, d’amour inexprimĂ©.

Elle est entrĂ©e dans la peau de FĂ©licitĂ© et l’incarne comme rarement on voit un personnage ĂȘtre habitĂ©. Sa parfaite diction, la maĂźtrise absolue de son corps, de ses mouvements, de ses muscles, de son visage mĂȘme confĂšrent Ă  cette FĂ©licitĂ© de roman une existence et une personnalitĂ© admirables.

Mise en scĂšne, avec efficacitĂ© et intelligence par Xavier Lemaire, dans un espace scĂ©nique assez difficile, toujours en mouvement comme pour retracer la multiplicitĂ© des menues tĂąches mĂ©nagĂšres qui Ă©puisaient le personnel d’alors, soumis aux exigences de l’employeur, travaillant sept jours sur sept et devant ĂȘtre disponible 24h sur 24, Isabelle AndrĂ©ani rend prĂ©sente cette  FĂ©licité ; elle est partout Ă  la fois, esquisse le portrait  d’autres personnages, comme sur un tableau de Seurat, en pointillĂ©s, pour suggĂ©rer en nous laissant le troublant sentiment que l’on voit.

Flaubert, le cauchois rigide, le bourru assez peu ouvert, au fond, et plutĂŽt refermĂ© sur son Ɠuvre et lui-mĂȘme, ouvre ici grandes les portes de l’empathie Ă  l’égard des « petites gens », ceux dont son disciple Maupassant fera plus grandement encore le tour tout au travers de son Ɠuvre.

Ce « CƓur simple » tĂ©moigne parfaitement de son courant d’écriture, qu’il a voulu, et qu’on nommera, parce que la commoditĂ© veut toujours que nous nommions, le rĂ©alisme, lequel peut s’apparenter, comme un cousin Ă  la mode paysanne, au naturalisme, plus dru, plus cru, d’un Zola qui viendra assister aux obsĂšques de Gustave, Ă  Rouen, en 1880.
 
Dans son interprĂ©tation formidable, Isabelle AndrĂ©ani parvient en une heure quinze Ă  faire passer son personnage de la jeune femme dĂ©vouĂ©e et rĂ©servĂ©e Ă  la femme ĂągĂ©e, mourant dans une vision du Saint Esprit colorĂ©e, miraculeuse, inopportune. Et c’est cette inopportunitĂ©, cette non convenance, qui doit nous amener Ă  nous interroger sur la vie des autres, leur façon de voir le monde, d’y vivre, de le subir.

L’épiphanie que vit FĂ©licitĂ© la place d’emblĂ©e au rang des personnages inoubliables. Cette illumination la grandit davantage, qui n’en fait pas pour autant une mystique, mais lui donne un caractĂšre plus attachant encore dans sa simplicitĂ©.

Nous avons assistĂ© Ă  un spectacle total, sur un texte magnifique d’humanitĂ© et de vĂ©ritĂ©,  parfaitement adaptĂ© et restituĂ© par son interprĂšte.

L’exigence de qualitĂ© du ThĂ©Ăątre de Poche n’est une fois de plus pas dĂ©mentie, et ce spectacle qui vient de commencer est de ceux dont on se dit que le rater serait gĂącher une merveilleuse occasion de bonheur, un bonheur inquiet, face Ă  une belle Ăąme. 

Frédéric ARNOUX ©

Les Ă©chos de la presse
.juillet 2018

 Isabelle AndrĂ©ani est une comĂ©dienne rare : elle s’efface derriĂšre les personnages qu’elle choisi d’incarner. La prĂ©cision de son jeu, la force qu’elle dĂ©gage sur un plateau, son potentiel comique et dramatique, sa voix si justement modulĂ©e ne sont qu’au service du texte qu’elle joue. C’est pour cela qu’elle est vraie.
La retrouver dans un monologue adaptĂ© d’une nouvelle de Flaubert, Un cƓur simple, ne pouvait ĂȘtre qu’une bonne surprise – c’est son premier seule en scĂšne – et un grand bonheur. Elle se saisit de cette histoire d’une servante ordinaire du XIXe siĂšcle, pieuse, honnĂȘte, travailleuse, aimante et en fait un bijou brillant. L’histoire pourrait n’ĂȘtre que bucolique et charmante ; Isabelle AndrĂ©ani la sublime sous la direction de Xavier Lemaire son metteur en scĂšne qui guide prĂ©cisĂ©ment son jeu. De bout en bout elle tient son personnage et ne le lĂąche pas, nous emmĂšne en voyage dans une Ă©poque passĂ©e et nous place d’emblĂ©e en empathie avec FĂ©licitĂ©, son hĂ©roĂŻne. Peu d’accessoires, trois estrades crĂ©ent des niveaux diffĂ©rents, pas de dĂ©cor ; et le personnage est lĂ , tout de suite, sans introduction, dĂšs que s’ouvre la lumiĂšre. Des paroles, des accents, des silences, des regards, c’est un capital d’émotion qui roule Ă  notre rencontre. La gĂ©nĂ©rositĂ© du personnage rejoint celle de la comĂ©dienne et nous fait passer 1h15 magnifique. 

François Varlin pour Théùtral Magazine

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Isabelle AndrĂ©ani donne tant d’elle-mĂȘme, elle ne triche jamais. Elle dose l’humour, la naĂŻvetĂ©, la tristesse.

Elle est tout Ă  la fois, le fiancĂ©, Mme Aubin. L’histoire est simple comme FĂ©licitĂ©, et pourtant si riche d’évĂ©nements, de vie sociale au 19Ăšme siĂšcle.
La langue de Flaubert est respectée, magnifiée et subtilement mis en scÚne par Xavier Lemaire.

Anne Delaleu pour Théùtre Passion

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Un espace scĂ©nique vaste. Comme les plaines normandes. Et quatre estrades de hauteur et inclinaisons variables. Des plateaux sur le plateau qui seront piĂšces de maison, Ă©glise ou autre chemin. Et une femme. Sans Ăąge. On ne sait d’elle que son prĂ©nom. FĂ©licitĂ©. Une servante, bonne Ă  tout faire, au service de Mme Aubain. Une domestique invisible et muette comme il y en eut tant au 19Ăšme siĂšcle. Une vie de service que dĂ©peint Flaubert dans un recueil de conte. Et que la compagnie Les Larrons nous offre, comme on offre un rayon de lumiĂšre.

Et c’est bien FĂ©licitĂ© qui vient nous parler. Nous entretenir de sa vie. De ses joies. Rares. De ses peines. De ses espĂ©rances, de sa foi, son attachement inconditionnel Ă  sa « maĂźtresse ». Isabelle AndrĂ©ani s’efface pour faire vivre cette FĂ©licitĂ©. Belle, dans sa simplicitĂ©. Forte et fragile Ă  la fois. Elle nous la rend aimable, au sens premier du terme. ImmensĂ©ment Ă©mouvante. Avec son coeur si grand, si pur. Si lumineux.

Sans artifice, Ă  seule force de talent, la comĂ©dienne nous embarque plus d’une heure dans cette vie de femme, besogneuse et humble. AidĂ©e par une mise en scĂšne alerte, elle fait rĂ©sonner la langue de Flaubert de maniĂšre admirable. Elle est seule sur scĂšne, mais fait vivre tout le monde de FĂ©licitĂ©. D’un accessoire, d’un changement de ton ou d’accent. Et reste toujours « vraie ». Puissante dans sa petite vie. Superbe.

Karine Prost pour Rue du Théùtre

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UN COEUR SIMPLE la bande-annonce