Un coeur simple
Mise en scène :
Xavier LEMAIRE
Auteur(s) :
d'après Gustave Flaubert, adaptation Isabelle Andréani
Distribution :
Isabelle ANDREANI
Année de production :
2018
Equipe technique :
SCENO : Caroline Mexme / REGIE: Rodrigue Louisar
Durée du spectacle :
1 heures 15 minutes

                SAISON  2019 Р2020

EN RAISON DU CORONAVIRUS…

Toutes les repr√©sentations d’UN COEUR SIMPLE, spectacle qui devait se prolonger jusqu’au 25 mai 2020 au Th√©√Ętre de Poche- Montparnasse, sont actuellement en suspens !

Nous esp√©rons…

A tr√®s bient√īt… au Th√©√Ętre de POCHE !!!

      75, Bld du Montparnasse

¬† ¬† ¬† Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

     Adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

     Mise en scène Xavier LEMAIRE

REPRISE !!!

Au Th√©√Ętre de Poche Montparnasse, √† partir¬†du lundi 16 septembre 2019 !

          Tous les lundis à 21h

¬† ¬† ¬† PROLONGATIONS jusqu’au 16 mars 2020 !

¬† ¬† ¬† ¬† ¬†( rel√Ęche exceptionnelle le lundi 24 f√©vrier 2020 )

¬† ¬† ¬† AU Th√©√Ętre de POCHE¬†!!!

      75, Bld du Montparnasse

¬† ¬† ¬† Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

     Adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

     Mise en scène Xavier LEMAIRE

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L’int√©gralit√© de la PRESSE pour UN COEUR SIMPLE

Du 06 juillet 2018 au 18 novembre 2019

Sous format PDF: REVUE de PRESSE Un Coeur Simple 18 Nov 19

Eric-Emmanuel Schmitt parle du spectacle ¬ę¬†Un coeur simple¬†¬Ľ (juin 2019)

Cliquer sur:

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TOUTES LES DATES pour Un Coeur Simple:

Le COEUR SIMPLE est de retour √† Paris au Th√©√Ętre de Poche-Montparnasse, tous les lundis √† 21h, √† partir du lundi 16 septembre 2019.

Et en tournée en régions : (Saison 2019-2020)

  • Samedi 14 septembre 2019¬† CHANTILLY
  • Dimanche 15 septembre 2019¬† CHANTILLY
  • Jeudi 19 septembre 2019¬†¬†CHANTILLY ¬†2x repr√©sentations
  • Vendredi 27 septembre 2019¬†¬†¬†Saint Laurent Du Var
  • Dimanche 29 septembre 2019¬†¬†Sainte Foy les Lyon
  • Mercredi 02 octobre 2019¬†TAM √†¬†Reuil Malmaison
  • Les vend 04 et samedi 05 oct √† 20h30¬†; dim 06 oct √† 17h¬†; jeudi 10 oct √† 14h¬†; vend 11 oct √† 14h et √† 20h¬†; dim 13 oct √† 17h : Saint Maur¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†7x repr√©sentations
  • Mardi 05¬†Novembre 2019¬† ¬†TOULON
  • Jeudi 07 Novembre 2019¬† ¬†DOUAI
  • Vend 15 Novembre 2019¬† ¬†CHAVILLE
  • Vend 22 Novembre 2019 ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†SENS¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†2x repr√©sentations
  • Jeudi 28 Novembre 2019 SAINT CYR L‚ÄôECOLE
  • Vend 29 Novembre 19 ¬†¬†VILLENEUVE St GEORGES¬†¬† ¬† 2x repr√©sentations
  • Jeudi 05 d√©cembre 2019¬†¬†LAGNY¬† ¬† ¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†2x repr√©sentations
  • Vend 06 d√©cembre 2019¬†¬†MARLY-LE-ROI¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬†¬†¬†
  • Sam 14 d√©cembre 2019 ¬† ¬† ERMONT
  • Mardi 14 janvier 2020¬†¬†¬†Boulogne Billancourt
  • Mercredi 15 janvier 2020¬†¬†¬†Boulogne Billancourt
  • Vendredi 17 janvier 2020 VERNONT¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†2x repr√©sentations
  • Samedi 18 janvier 2020 VAUCRESSON
  • Mardi 04 F√©vrier 2020¬†LE VESINET ¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 2x repr√©sentations
  • Jeudi 06 F√©vrier 2020 PUTEAU
  • Vendredi 06 mars 2020 ¬†¬†¬† Saint Amant Sault¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†
  • Samedi 07 mars 2020¬†¬†¬†¬† Montauban¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†
  • Jeudi 12 mars 2020 ¬†Saint- Cloud
  • LE VENDREDI 13 MARS 2020 : tout s’est annul√©… EN ATTENTE de nouvelles concernant les reports de toutes ces dates sur la Saison 2020-2021.
  • Vend 13 Mars 2020¬†¬†St Cyr sur Loire
  • Du 18 au 28 Mars 2020¬†¬†NOUMEA (Nouvelle Cal√©donie)¬† ¬† ¬† ¬†4x repr√©sentations
  • Jeudi 09 avril 2020¬†¬†MORTEAU
  • Mercredi 06 mai 2020¬†¬†¬†¬† VALLAURIS
  • Jeudi¬†14 mai 2020 ¬† ¬† TESTE DE BUCH
  • Mardi¬†19 mai 2020 ¬† ¬† ¬†VILLEPARISIS

(Saison 2018-2019)

Р07 au 09 mars 2019         CHARTRES       6x représentations

Р03 avril 19      CHAMPCEVINEL

Р 23 avril 2019      AVIGNON

Рdu 25 au 27 avril 2019       MONACO                 4x représentations

–¬†10 mai 2019 ¬† ¬† ORSAY

– 17 juin 2019 ¬† ¬† ¬†Th√©√Ętre Fontaine

– 02 ao√Ľt 2019 ¬† ¬† ¬†Festival de SARLAT

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REPRISE Festival d’Avignon 2019:

au Th√©√Ętre de La Luna,

à 10h55, 

tous les jours, du 05 au 28 juillet 2019 !

   

 

¬† ¬† Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

    Adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

    Mise en scène Xavier LEMAIRE

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BANDE ANNONCE UN COEUR SIMPLE 2019

Cliquer sur:

                SAISON  2018 Р2019

3ème PROLONGATION !!!

au Th√©√Ętre de Poche Montparnasse, √† partir¬†du 16 mars 2019,¬†jusqu’au dimanche 30 juin 2019 !

    Tous les samedis à 19h

    et les dimanches à 15h

¬† ¬† AU Th√©√Ętre de POCHE¬†!!!

    75, Bld du Montparnasse

¬† ¬† Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scène Xavier LEMAIRE

¬† ¬† (Rel√Ęches exceptionnelles le 09 et 27-28 avril 2019)

2ème PROLONGATION !

au Th√©√Ętre de Poche Montparnasse, √† partir¬†du 12 janvier 2019,¬†jusqu’au dimanche 03 mars 2019 !

 

Tous les samedis à 19h

et les dimanches à 15h.

AU THEATRE DE POCHE !!!

75, Bld du Montparnasse

Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scène Xavier LEMAIRE

PROLONGATION au Th√©√Ętre de Poche Montparnasse, √† partir¬†du 13 novembre 2018,¬†jusqu’au jeudi 03 janvier 2019

 

TOUS LES MARDIS, MERCREDIS et JEUDIS à 19h.

AU THEATRE DE POCHE !!!

75, Bld du Montparnasse

Un COEUR SIMPLE d’apr√®s Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scène Xavier LEMAIRE

PRESSE UNANIME… pour Un Coeur Simple:

Le FIGARO ( 06.11.2018) par ARMELLE HELIOT

http://www.lefigaro.fr/theatre/2018/11/05/03003-20181105ARTFIG00220-la-servante-cette-belle-heroine.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de l’article du FIGARO: ‚Ķ ¬ę¬†R√©guli√®rement des adaptations voient le jour. C‚Äôest le F√©licit√© de Jean Audureau. Jean-Pierre Vincent cr√©a la pi√®ce √† la Com√©die Fran√ßaise. Inoubliable Fran√ßoise Seigner , Madame Aubain¬†; Denise Gence, F√©licit√©.¬† Aujourd‚Äôhui, c‚Äôest la magnifique Isabelle Andr√©ani que l‚Äôon applaudit dans la petite salle du Poche. Pas d‚Äôautres d√©cor que des claies de bois jet√©es sur le sol, face au public, dans une grande proximit√©. Isabelle Andr√©ani, interpr√®te, signe l‚Äôadaptation¬†: on entend, on retrouve, presque toute la nouvelle. Mais le personnage dit ¬ę¬†je¬†¬Ľ. On est fascin√©, imm√©diatement happ√© par cette interpr√®te qui efface toute distance, dirig√©e par Xavier Lemaire. Avec son visage lav√© de toute sophistication, son regard si clair et si sinc√®re, sa v√©rit√©, son grand art de dire, de faire vivre, elle nous bouleverse. Elle ne tient pas en place. Le bel oiseau, le perroquet naturalis√©, est sage. ¬ę Aimez les humbles, les gens de peu ¬Ľ, dit Flaubert. Aimons ce th√©√Ętre. Armelle H√©liot

 

TELERAMA TT (186.10.2018) par JOELLE GAYOT

https://sortir.telerama.fr/evenements/spectacles/un-coeur-simple,n5824176.php

LIEN’   Sortir Grand Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de l’article de TELERAMA:

¬ę¬†‚ĶA-t-elle rencontr√© le r√īle de sa vie¬†?

Celui vers lequel la portaient son expérience et sa maturité ?

A observer les noces qui unissent sur la sc√®ne la com√©dienne Isabelle Andr√©ani au personnage de F√©licit√©, h√©ro√Įne du r√©cit de Flaubert, on se dit que ce rendez-vous allait de soi.

Entre l‚Äôactrice et la servante existe une m√™me humanit√©. Une identique humilit√©. Celle d‚ÄôIsabelle Andr√©ani, qui sert en officiante z√©l√©e les phrases et le propos de l‚Äôauteur, celle de cette bonne du XIXe qui parle des coups durs comme des joies de la vie avec les mots vrais d‚Äôun cŇďur qui ne sait pas tricher.

Nous entrons √† leur suite dans le monde d‚Äôen bas, l√† o√Ļ s‚Äôactive une domestique aimant avec force ceux qui l‚Äôaiment, sans attendre plus que le peu qu‚Äôon lui donne. F√©licit√© n‚Äôest pas une √Ęme innocente, mais une femme exemplaire de tenue et de dignit√©. Chaque mot de Flaubert l‚Äôaffirme.

Chaque regard de l‚Äôactrice le soutient. Belle le√ßon de grandeur.¬†¬Ľ

 

HUFFINTONPOST.FR ( 26.10.2018) par CHRISTINE CLERC

LES BLOGS / HUFFPOST / 26/10/2018

https://www.huffingtonpost.fr/christine-clerc/dans-un-coeur-simple-isabelle-andreani-joue-toutes-les-femmes-oubliees-du-monde_a_23572643/

Dans ¬ę¬†Un coeur simple¬†¬Ľ, Isabelle Andr√©ani joue toutes les femmes oubli√©es du monde

L’actrice est la r√©v√©lation de la saison th√©√Ętrale √† Paris!

¬ę¬†Un coeur simple¬†¬Ľ, au th√©√Ętre de Poche Montparnasse, jou√© par l’actrice Isabelle Andr√©ani, jusqu’√† fin d√©cembre.

Les f√©ministes de 2018 n’ont plus qu’√† aller se rhabiller ! Avec sa nouvelle ¬ę¬†Un cŇďur simple¬†¬Ľ, publi√©e en 1877, Flaubert avait d√©j√† fait bien plus fort que tous leurs d√©fil√©s, slogans et communiqu√©s. Sans cris, sans haine, ni ressentiment, cette histoire d’une orpheline devenue ¬ę¬†bonne √† tout faire¬†¬Ľ nous dit tout des relations sociales impitoyablement cod√©es, de la place de la femme dans la soci√©t√© du XIX√®me si√®cle… et trop souvent aussi, dans celle du XXI√®me.

L’actrice Isabelle Andr√©ani, que l’on avait d√©couverte en ¬ę¬†Lisette¬†¬Ľ dans ¬ę¬†les Jeux de l’Amour et du Hasard¬†¬Ľ de Marivaux, (Th√©√Ętre Mouffetard) puis √† Avignon dans le r√īle de Marthe (¬ę¬†L’Echange¬†¬Ľ, de Claudel) a eu un coup de foudre pour cette nouvelle de Flaubert. ¬ę¬†Quand je l’ai lue, dit-elle, j’ai pens√© que si on ne l’incarnait pas, on n’aurait pas la chair du r√©cit et l’intensit√© des √©motions.¬†¬Ľ Elle l’a donc adapt√©e √† la premi√®re personne ¬ę¬†pour que l’histoire passe par la bouche de F√©licit√©¬†¬Ľ. Et elle est devenue F√©licit√©. D√®s les premiers mots ¬ę¬†Pendant longtemps, les bourgeoises de Pont-l’Ev√™que ont envi√© Mme Aubain de m’avoir pour servante !¬†¬Ľ elle nous emporte. Avec pour simple d√©cor trois planches figurant la maison de sa patronne, trois planches sur lesquelles claquent ses sabots rouges tandis qu’elle s’affaire de la cuisine √† la chambre de ¬ę¬†Madame¬†¬Ľ, avant d’aller ¬ę¬†brider les chevaux, engraisser les volailles, battre le beurre¬†¬Ľ…

L’actrice Isabelle Andr√©ani, que l’on avait d√©couverte en ¬ę¬†Lisette¬†¬Ľ dans ¬ę¬†les Jeux de l’Amour et du Hasard¬†¬Ľ de Marivaux, (Th√©√Ętre Mouffetard) puis √† Avignon dans le r√īle de Marthe (¬ę¬†L’Echange¬†¬Ľ, de Claudel) a eu un coup de foudre pour cette nouvelle de Flaubert. ¬ę¬†Quand je l’ai lue, dit-elle, j’ai pens√© que si on ne l’incarnait pas, on n’aurait pas la chair du r√©cit et l’intensit√© des √©motions.¬†¬Ľ Elle l’a donc adapt√©e √† la premi√®re personne ¬ę¬†pour que l’histoire passe par la bouche de F√©licit√©¬†¬Ľ. Et elle est devenue F√©licit√©. D√®s les premiers mots ¬ę¬†Pendant longtemps, les bourgeoises de Pont-l’Ev√™que ont envi√© Mme Aubain de m’avoir pour servante !¬†¬Ľ elle nous emporte. Avec pour simple d√©cor trois planches figurant la maison de sa patronne, trois planches sur lesquelles claquent ses sabots rouges tandis qu’elle s’affaire de la cuisine √† la chambre de ¬ę¬†Madame¬†¬Ľ, avant d’aller ¬ę¬†brider les chevaux, engraisser les volailles, battre le beurre¬†¬Ľ…

En une heure quinze, toute une soci√©t√© d√©file. Avec ses bourgeois ruin√©s, ses paysans, ses fils de famille alcooliques, ses jeunes filles trop d√©licates et ses bourgeoises qui vont √† la messe et √† v√™pres mais ont le cŇďur si sec que Mme Aubain, voyant F√©licit√© inconsolable √† la mort de son neveu Victor, a cette r√©plique agac√©e ¬ę¬†Ah, votre neveu ! Un mousse, un gueux, la belle affaire !¬†¬Ľ C’est le seul moment o√Ļ F√©licit√©, bien que ¬ę¬†nourrie toute son enfance √† la rudesse¬†¬Ľ, s’avoue indign√©e. Mais quelques ann√©es plus tard, la d√©couverte d’un petit chapeau d’enfant oubli√© dans une armoire les fera se jeter dans les bras l’une de l’autre ¬ę¬†satisfaisant notre douleur dans une √©treinte qui nous √©galisait¬†¬Ľ. Car la force de ce texte ne na√ģt pas de la r√©volte et des cris, mais de l’incroyable soumission de l’humble servante. Toujours en qu√™te d’amour, F√©licit√© a refus√© les avances grossi√®res de quelques hommes qui ne l’√©pouseront pas. Elle a report√© toute sa tendresse sur les enfants de sa ma√ģtresse, Paul et Virginie ¬ę¬†qui semblaient form√©s d’une mati√®re pr√©cieuse¬†¬Ľ, puis sur son neveu, embarqu√© pour l’Am√©rique. Puis enfin, sur un perroquet, abandonn√© par un baron voisin ¬ę¬†√©lev√© √† la Pr√©fecture¬†¬Ľ.

Il s’appelle Loulou. ¬ę¬†Son corps est rouge, le bout de ses ailes bleu bord√© de turquoise¬†¬Ľ… Le r√©cit de Flaubert atteint ici au sublime surr√©aliste. F√©licit√© va enfin conna√ģtre un moment de bonheur… jusqu’√† ce que le perroquet meure et que Madame Aubain lui dise, lass√©e de la voir pleurer ¬ę¬†Voyons, F√©licit√©, faites-le donc empailler !¬†¬Ľ La fin pourrait √™tre grotesque. Elle est poignante. Car Isabelle Andreani ne r√©ussit pas seulement √† nous faire go√Ľter chaque nuance de l’√©criture de Flaubert. Belle, charnelle, sensuelle et tour √† tour v√©h√©mente, rieuse, attendrie et bouleversante, les larmes aux yeux, elle est F√©licit√© et toutes les femmes oubli√©es du monde. A la fin, quand elle meurt √† son tour pr√®s de son cher Loulou empaill√©, la salle pleure. Et applaudit √† tout rompre.

En raison de son succ√®s,¬†le spectacle, programm√© pour s’achever en novembre, est prolong√© jusqu’en d√©cembre. Courez-y ! Courez aussi voir au Th√©√Ętre de Poche ¬ę¬†La m√©nagerie de verre¬†¬Ľ de Tennessee Williams, mise en sc√®ne avec sensibilit√© par Charlotte Rondelez. Et, au Th√©√Ętre La Bruy√®re, ¬ę¬†Sign√© Dumas¬†¬Ľ. Xavier Lemaire, le propre compagnon d’Isabelle Andreani et le metteur en sc√®ne de son ¬ę¬†Un CŇďur Simple¬†¬Ľ, y incarne avec puissance et app√©tit un formidable Alexandre Dumas, face √† son ¬ę¬†n√®gre¬†¬Ľ le fluet Auguste Maquet, auquel on doit ¬ę¬†les Trois mousquetaires¬†¬Ľ et tant d’autres chefs-d’Ňďuvre. Sid√©rant et jubilatoire.

Paris est une fête !

 

PublikArt ‚Äď Webzine Culturel

Par     Stanislas Claude   Oct 28, 2018

Un beau moment de gr√Ęce avec Un coeur simple au Th√©√Ętre de Poche Montparnasse

Un Coeur simple¬†est rien de moins que la pi√®ce du mois d‚Äôoctobre, tout simplement.¬†Isabelle Andr√©ani¬†occupe la sc√®ne, elle hypnotise et elle envoute. Dans le r√īle apparemment ingrat de¬†F√©licit√©, femme de devoir qui s‚Äôaccommode de la frustration apparente de sa vie de servante d√©vou√©e, elle voit pourtant des raisons d‚Äô√™tre simplement heureuse l√† o√Ļ d‚Äôautres maugr√©eraient dans des r√©criminations sans fin. Avec une √©conomie de moyen qui s‚Äôillustre par ces objets chiches sortis de sous une estrade en bois,¬†F√©licit√©¬†raconte sa vie, les gens qui l‚Äôont c√ītoy√©, les enfants de sa ma√ģtresse, son neveu, les petites joies qui en deviennent des grandes et les grandes peines qu‚Äôelle surmonte gr√Ęce √† son caract√®re entier. Une pi√®ce de th√©√Ętre salu√©e par une salve d‚Äôapplaudissements finaux nourris de bravos cent fois m√©rit√©s. Un grand moment de th√©√Ętre √† d√©couvrir au¬†Th√©√Ętre de Poche Montparnasse.

Une pièce sans hypocrisie et sans subterfuges. 

Beaucoup d‚Äôanciens adolescents ont lu¬†3 Contes¬†de¬†Flaubert¬†au coll√®ge.¬†Un cŇďur simple,¬†L√©gende de Saint Julien l‚ÄôHospitalier et¬†H√©rodias¬†ont ennuy√© ou au contraire charm√© ceux qui les ont lus. La premi√®re histoire ravive un temps pas si ancien o√Ļ tant d‚Äô√™tres dans l‚Äôindigence se sont mis au service de grands bourgeois fortun√©s, dans l‚Äôombre mais pas sans acqu√©rir une place centrale. A l‚Äôinstar de¬†la dialectique du ma√ģtre et de l‚Äôesclave¬†ch√®re √†¬†Hegel,¬†Un coeur simple raconte le destin sans ampleur d‚Äôune femme qui se raccroche aux √©l√©ments de son quotidien pour cr√©er de la joie. Les enfants de ses proches, le rythme inlassablement r√©p√©t√© de ses t√Ęches m√©nag√®res,¬†Loulou¬†le perroquet rouge aux ailes turquoises, tous lui apportent ce suppl√©ment de vie sans quoi elle ne se verrait pas exister. Et¬†Isabelle Andr√©ani¬†interpr√®te magnifiquement √† elle seule ce destin de femme de rien qui devient l‚Äôh√©ro√Įne d‚Äôune nouvelle d‚Äôun des plus grands auteurs du XIXe si√®cle. Et certains se diront qu‚Äôil est surprenant qu‚Äôune telle histoire rencontre un tel succ√®s au d√©but du XXIe si√®cle. Car durant 1h10, aucune trace d‚Äôinsignifiance ne transparait dans un r√©cit si peu de notre temps. M√™me si les rumeurs du village normand rappelleront les unes futiles des sites internet de m√©dias occidentaux souvent proches du vide, l‚Äôexistence de¬†F√©licit√©¬†est celle d‚Äôune terrienne, certes peu √©duqu√©e mais au coeur sensible et fragile aux attaques du dehors. Cette sensibilit√© touche le public en plein coeur durant tout le spectacle.¬†F√©licit√©¬†ne critique pas, ne fait pas de jugement h√Ętif et ne condamne pas. Elle sait l‚Äôimportance du respect mutuel pour permettre le vivre ensemble.¬†Isabelle Andr√©ani¬†pr√™te certes quelques mots flagorneurs ou caricaturaux aux diff√©rents personnages qui √©voluent autour de¬†F√©licit√©, attisant quelques √©clats de rire bienvenus pour quitter une certaine pesanteur r√©currente, l‚Äôh√©ro√Įne a tout d‚Äôune sainte au coeur d‚Äôune √©poque nich√©e entre l‚Äô√©pop√©e napol√©onienne et les r√©volutions du XIXe si√®cle. Et √† la fin, ce que le discours final de l‚Äôactrice souligne aussi bien, c‚Äôest surtout le sentiment d‚Äôune juste c√©l√©bration du destin de femmes de rien qui ont contribu√© √† la vie des familles au XIXe si√®cle qui ressort. De quoi faire du bien dans notre √©poque par trop anxiog√®ne et jonch√©e de qu√™tes loin de la v√©rit√© du personnage de¬†F√©licit√©.

Un coeur simple¬†se joue encore pour quelques semaines au¬†Th√©√Ętre de Poche Montparnasse¬†avant quelques reprises aux dates √† voir sur le site internet du th√©√Ętre. C‚Äôest le moment de r√©server sa place pour admirer la performance d‚Äôune com√©dienne aussi honn√™te et droite que le personnage qu‚Äôelle interpr√®te. Et √ßa fait du bien.

 

L’Oeil  d’Olivier

Un cŇďur simple, le portrait sensible et humain d‚Äôune femme modeste

Olivier Fr√©gaville-Gratian d’Amore¬†2 novembre 2018¬†Chroniques,¬†Th√©√Ętre

Au Poche-Montparnasse, Xavier Lemaire et Isabelle Andr√©ani insuffle avec d√©licatesse la vie au CŇďur simple¬†de Flaubert

Sans cri, sans heurt, la vie défile avec son lot de vicissitudes, de peines et de joies. En adaptant le conte réaliste de Flaubert, Xavier Lemaire et Isabelle Andreani rendent un hommage vibrant à nos arrières grands-mères, à ces femmes rustiques, modestes, qui avaient de l’amour à revendre, qui se satisfaisaient de peu. Une plongée saisissante dans la France rurale du XIXe siècle, portée par une comédienne rare, bouleversante.

F√©licit√© (√©blouissante¬†Isabelle Andr√©ani) n‚Äôa pas de chance, elle attire les mauvais coups du sort. Orpheline, na√Įve, candide, cette fille de ferme accorte a le mauvais go√Ľt de plaire √† son patron. Ne voulant pas d‚Äôhistoires, refusant toutes les avances tenant plus que tout √† son honneur, elle cherche une place ailleurs. Enamour√©e d‚Äôun beau jeune homme, qui apr√®s lui avoir fait gentiment la cour, la laisse seule sur le bord de la route, elle finit par entrer au service de madame Aubain, une riche propri√©taire, veuve, aust√®re et s√®che. Cette rudesse convient parfaitement √† sa simplicit√©, √† son naturel sans fard, √† sa conception presque asc√©tique de la vie.

Pourtant, F√©licit√© est ce qu‚Äôon appelle une belle nature, en qu√™te d‚Äôamour, de compassion, elle a de la tendresse √† offrir, √† donner sans contrepartie aux autres. Rapidement, elle s‚Äôattache aux enfants de sa ma√ģtresse, le beau Paul, la d√©licate Virginie. Elle les aime de tout son cŇďur. Elle s‚Äôen occupe avec diligence et affection. Vieille fille, elle se prend d‚Äôune passion maternelle pour son beau neveu Victor. Elle lui c√®de tout, fait tout ce qu‚Äôelle peut pour le rendre heureux. Enfin, elle s‚Äôentiche d‚Äôun perroquet aux mille couleurs, mais le sort s‚Äôacharne, les peines redoublent, rien ne lui sera √©pargn√©. Tous les gens qui comptent pour elle meurent ou s‚Äô√©loignent. Rien n‚Äôy fait, rien n‚Äôentame son humeur toujours √©gale. Si col√®re et souffrance bouillonnent dans son corps, jamais elle ne les exprime. Elle traverse la vie avec bonhomie, am√©nit√© sans jamais se plaindre. Elle force le respect. Afin que le r√©cit cisel√©, touchant de cette femme au cŇďur simple prenne chair,¬†Xavier Lemaire¬†et¬†Isabelle Andr√©ani¬†ont pris le parti d‚Äôadapter √† la premi√®re personne le conte de¬†Flaubert. S‚Äôemparant de sa plume charnelle, f√©roce autant que tendre, ils entra√ģnent le spectateur au cŇďur du XIXe si√®cle, de sa soci√©t√© provinciale corset√©e dans des principes compass√©s et livrent le portrait vrai, sensible d‚Äôune servante sans pr√©tention qui pourrait √™tre l‚Äôune de nos anc√™tres. Dans un d√©cor d√©pouill√© ‚Äď juste quelques planches de bois symbolisent la maison de Madame Aubain ‚Äď , usant de peu d‚Äôaccessoires pour cr√©er l‚Äôatmosph√®re nostalgique,¬†Isabelle Andr√©ani¬†se glisse avec toute sa fougue, sa d√©licatesse, dans la peau de F√©licit√©. Elle lui offre sa silhouette g√©n√©reuse, sa douceur, sa force vitale. Jamais caricaturale, toujours juste, elle livre une interpr√©tation sans fioriture qui touche au cŇďur, parle √† l‚Äô√Ęme. Refusant tout pathos, la com√©dienne c√©l√®bre ici la vie avec ses joies et ses peines. Truculente, bouleversante, elle est cette fille de campagne √† l‚Äôexistence finalement si banale, au quotidien rythm√© uniquement par les t√Ęches de la maison.

S√©duit par cette relecture captivante de ce texte de¬†Flaubert¬†que souligne si bien la mise en sc√®ne tout finesse de¬†Xavier Lemaire¬†et le jeu subtil d‚ÄôIsabelle Andr√©ani, le public quitte un temps le Paris du XXI e si√®cle pour la Normandie du XIXe et se laisse prendre, envo√Ľter par ce destin de femme singulier, commun. Un pur moment d‚Äô√©motion !¬†¬† Par Olivier Fr√©gaville-Gratian d‚ÄôAmore

https://critiques-theatres-paris.blogspot.com/2018/11/un-coeur-simple-gustave-flaubert-poche.html?fbclid=IwAR1AlB_0OVu3U52o-h7e0md6bSao8VEIRfIPbwlsa27UoY_1vpIA8Mw7oH0

 

 

UN COEUR SIMPLE GUSTAVE FLAUBERT POCHE

Dans la petite salle du th√©√Ętre de¬†Poche-Montparnasse, fauteuils rouges et murs noirs, nous prenons place et l‚Äôendroit se remplit vite, le spectacle a du succ√®s‚Ķ et c‚Äôest m√©rit√©¬†!

Elle arrive, elle d√©boule plut√īt d‚Äôun pas rapide‚Ķ toute droite sortie du pays d‚ÄôAuge, de notre ch√®re Normandie et le monologue va commencer pour notre plus grand plaisir. Il est bas√© sur l‚ÄôŇďuvre de¬†Gustave Flaubert¬†qui avec d√©licatesse, pr√©cision, style, va d√©crire la vie quotidienne d‚Äôune servante, femme √† tout faire, d√©vou√©e corps et √Ęme √† sa ma√ģtresse.

Flaubert a trouv√© le mot juste, ce qui donne √† son r√©cit beaucoup de force. On comprend la vie des petites gens, m√©pris√©s et exploit√©s. Comme l‚Äô√©crit Flaubert¬†: ¬ę¬†Plus l‚Äôexpression se rapproche de la pens√©e, plus le mot colle dessus, et plus c‚Äôest beau¬†¬Ľ.

Et vraiment, c’est très beau. Isabelle Andréani est Félicité.

Elle interprète parfaitement le personnage, c’en est même troublant.

Un texte magnifique, justement interprété, un spectacle à ne pas manquer.

 

Un cŇďur simple¬†de Gustave Flaubert, mise en sc√®ne¬†Xavier Lemaire, avec Isabelle Andr√©ani, du mardi au samedi √†¬†19h¬†au th√©√Ętre de Poche Montparnasse, r√©servation au¬†01 45 44 50 21¬†et¬†site Internet. (Un cŇďur simple¬†fait partie de recueil de 3 nouvelles¬†:¬†Trois contes)

Publié le 1er nov 2018     par Philippe Chavernac

 

ZONE CRITIQUE

FAISONS LE PARI DE LA CULTURE

Spectacles

La simplicité comme mot d’ordre

Posted by Jeanne Pois-Fournier                                                                                                       samedi 13 octobre 2018

La prose m√©lodique et pittoresque de Flaubert est √† entendre et √† voir sur les planches du th√©√Ętre de Poche-Montparnasse avec la brillante mise en sc√®ne d‚ÄôUn¬†CŇďur simple, par Xavier Lemaire, avec Isabelle Andr√©ani.

Paru en 1877, dans le recueil¬†Trois Contes,¬†Un CŇďur simple¬†est peut-√™tre le texte le plus bouleversant de Flaubert. Situ√© dans la Normandie du XIXe si√®cle, ce r√©cit raconte l‚Äôhistoire tragique d‚Äôune fille de campagne √† la fois servante et sainte, √©cras√©e par la vie.

D√©laiss√©e par un amour de jeunesse, F√©licit√© entre au service de Madame Aubain, une bourgeoise corset√©e et autoritaire. Elle s‚Äôoccupe des t√Ęches m√©nag√®res et ch√©rit les enfants de sa ma√ģtresse, Paul et Virginie, et son neveu Victor. Mais chaque personne dont elle se prend d‚Äôaffection est vite emport√©e par la maladie : Victor meurt de la fi√®vre jaune √† la Havane, puis une fluxion de poitrine ach√®ve Virginie, √† la sant√© si fragile. Plusieurs ann√©es passent, le d√©vouement de F√©licit√© ne tarit pas, au contraire. Elle s‚Äôentiche d‚Äôun perroquet nomm√© Loulou dont on lui a fait cadeau. √Ä sa mort, elle d√©cidera de l‚Äôempailler pour le conserver toujours pr√®s d‚Äôelle. La nouvelle s‚Äôach√®ve sur l‚Äôagonie de F√©licit√©, ayant contract√©e une pneumonie, et son ultime vision : ¬ę un perroquet gigantesque ¬Ľ dans les cieux.

De ce r√©cit inoubliable, saisissant de ¬ę¬†simplicit√©¬†¬Ľ, Isabelle Andr√©ani tire une adaptation fid√®le et vivante. Le narrateur de Flaubert laisse place √† un r√©cit √† la premi√®re personne, le ¬ę¬†je¬†¬Ľ de F√©licit√©, sans rien perdre de son empathie, et Isabelle Andr√©ani excelle dans le r√īle de la servante d√©vou√©e et ¬ę¬†tendre comme du pain frais¬†¬Ľ. Elle s‚Äôadresse √† nous avec autant de g√©n√©rosit√© que son personnage. Et, tout comme F√©licit√© qui repr√©sente pour la France des petites gens un exemple h√©ro√Įque, elle fait preuve d‚Äôune puissance th√©√Ętrale √©difiante.

L’incarnation de la sainteté

Sur scène, entre trois niveaux de plancher qui servent à la fois de chambre, de sanctuaire et de terrain de jeux, Isabelle Andréani comble tous les espaces, créent tous les accessoires, imitent, si besoin, la réplique de Madame Aubain, du perroquet.

Sur sc√®ne, entre trois niveaux de plancher qui servent √† la fois de chambre, de sanctuaire et de terrain de jeux, Isabelle Andr√©ani comble tous les espaces, cr√©e tous les accessoires, imite, si besoin, la r√©plique de Madame Aubain, du perroquet. Ses sabots heurtent le sol avec fracas, ses mouvements rapides s‚Äôencha√ģnent comme autant de t√Ęches ingrates qui incombent aux domestiques. On pourrait croire que F√©licit√© est une femme de bois, qu‚Äôelle a √©t√© programm√©e. Mais sa bont√© ne peut que nous √©mouvoir car elle est rare, presque impensable. Et ses √©chapp√©es de folie ‚Äď par exemple, lorsqu‚Äôelle trouve une ressemblance entre le Saint-Esprit et son perroquet ‚Äď la rendent encore plus touchante. Elle pense comme elle peut, elle pense autrement.

C‚Äôest aussi un texte o√Ļ le statut de la femme et de la femme pauvre sont au cŇďur de l‚Äô√©criture de Flaubert. Contrairement √† Madame Bovary qui tente de vivre un amour inassouvissable, F√©licit√© explore le plus simple de la relation √† autrui¬†: elle donne son amour et elle re√ßoit peu. Elle est une saintet√© contemporaine, dont les mots charg√©s d‚Äôhumanit√© font un bien fou

 

CRITIQUE DES √ČV√ČNEMENTS CULTURELS

THÊATRE-SPECTACLES  Un coeur simple

Flaubert dans son réalisme simple et attachant

 

VU PAR JEAN RUHLMANN

Publié le 22 oct. 2018

RECOMMANDATION

Excellent

TH√ąME

Dans la premi√®re moiti√© du XIXe si√®cle, on suit le destin de F√©licit√©, fille de ferme devenue domestique pour le compte de madame Aubain, une veuve de la moyenne bourgeoisie normande, l‚Äôaction se situant √† Pont-l‚Äô√Čv√™que, de la Restauration jusqu‚Äô√† la fin de la Monarchie de Juillet.

Premier des¬†Trois contes¬†de Flaubert,¬†Un cŇďur simple¬†creuse la psychologie d‚Äôune femme devant faire face √† la perte de tout ce √† quoi son cŇďur s‚Äôest s‚Äôattach√© sans calcul, au fil de son existence : la fille de sa ma√ģtresse, son neveu Victor, divers personnages du petit monde de Pont-l‚Äô√Čv√™que et, pour finir,¬†le perroquet Loulou, un des seuls √™tres parvenant encore √† la faire rire‚Ķ

POINTS FORTS

  • Dans cette proposition th√©√Ętrale, l’essentiel¬†repose sur la com√©dienne seule en sc√®ne, et Isabelle Andr√©ani ne se contente pas d‚Äôinterpr√©ter une F√©licit√© dynamique et toute en √©motion, elle a √©galement adapt√© le texte de Flaubert, en le faisant passer du style direct √† la premi√®re personne, ce qui concourt √† dynamiser le r√©cit et √† placer F√©licit√© plus encore au centre du conte.
  • La mise en sc√®ne de Xavier Lemaire – notamment son choix d‚Äôinstaller des podiums de tailles et d‚Äôorientations diff√©rentes – se r√©v√®le tout √† fait judicieuse pour mat√©rialiser les lieux (ouverts ou clos) et les situations v√©cues par F√©licit√©. C‚Äôest¬†a priori¬†une contrainte physique pour les mouvements de la com√©dienne, que Lemaire a voulu extr√™mement mobile sur sc√®ne.
  • Isabelle Andr√©ani surmonte ces obstacles et parvient √† √©voluer entre eux avec souplesse et rapidit√©, de sorte que, loin de constituer des artifices, ils sont tous ma√ģtris√©s et exploit√©s dans le sens du propos de la pi√®ce, qui n‚Äôoublie pas de sugg√©rer sans jamais appuyer, les barri√®res sociales et les diff√©rences de comportement existant entre la domesticit√© et le monde des ma√ģtres que F√©licit√© c√ītoie.
  • Le choix de Schubert pour l‚Äôaccompagnement musical de la pi√®ce est particuli√®rement opportun pour scander les joies et les √©preuves rencontr√©es par F√©licit√©.

POINTS FAIBLES

Il faut bien convenir que, de l’affiche au baisser de rideau, il n’y a rien à redire …

EN DEUX MOTS …

Une adaptation de Flaubert fine et sensible à l’image de Félicité, chatoyante à l’instar du plumage de son perroquet Loulou !

UN EXTRAIT

¬ę¬†Il s‚Äôappelait Loulou. Son corps √©tait vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu, et sa gorge dor√©e‚Ķ J‚Äôentrepris de l‚Äôinstruire¬†; bient√īt, il r√©p√©ta¬†: ‚ÄúCharmant gar√ßon¬†! Serviteur, monsieur¬†! Je vous salue, Marie¬†!‚Äú Plusieurs s‚Äô√©tonnaient qu‚Äôil ne r√©pond√ģt pas au nom de Jacquot, puisque tous les perroquets s‚Äôappellent Jacquot. On le comparait √† une dinde, √† une b√Ľche¬†: autant de coups de poignards pour moi¬†! √Čtrange obstination de Loulou, ne parlant plus du moment qu‚Äôon le regardait¬†!¬†¬Ľ

L’AUTEUR

On ne pr√©sente plus Gustave Flaubert (1821-1880), figure majeure de la litt√©rature fran√ßaise du XIXe si√®cle, associ√© au courant dit ‚Äúr√©aliste‚Äú qu‚Äôil promeut avec¬†Madame Bovary¬†(1857), puis dans¬†L‚Äô√©ducation sentimentale (1869), avec des √©chapp√©es orientalistes (Salammb√ī, 1862) qui t√©moignent de la puissance litt√©raire et de la capacit√© de travail hors normes de cet √©crivain.

Dans¬†Un cŇďur simple (1877), l‚Äôune de ses derni√®res Ňďuvres, Flaubert propose un conte qui s‚Äôenracine dans une Normandie que ce natif de Rouen et petit-fils d‚Äôun m√©decin de Pont-L‚Äô√Čv√™que conna√ģt bien. Il s‚Äôattache √† de simples figures du peuple, jusque l√† largement n√©glig√©es par les √©crivains¬†; sous la plume de Flaubert, les humbles deviennent des figures litt√©raires centrales, ainsi chez les fr√®res Goncourt ou Zola, ses amis et admirateurs, qui¬†le retrouvent pour d‚Äôinterminables discussions dans les salons litt√©raires ou les caf√©s des Grands boulevards‚Ķ

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UN CŇíUR SIMPLE au th√©√Ętre de Poche-Montparnasse¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 12 Octobre 2018

 

 

Quand la parole d’une fille du peuple, d’origine paysanne de surcroit, émerge même pudiquement, un contentement surpris et fier vient accompagner l’écoute de ses propos.

¬ę¬†Pour cent francs par an, je faisais la cuisine et le m√©nage, cousais, lavais, repassais, savais brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et restai fid√®le √† ma ma√ģtresse, qui cependant n‚Äô√©tait pas une personne agr√©able‚Ķ¬†¬Ľ

Quand cette parole sait se faire tendre ou tonique, pr√©cise et g√©n√©reuse, son √©coute touche au cŇďur. Tout simplement, dans l‚Äôhumilit√© de son r√©cit aussi noble que d√©pouill√© et si instructif sur les conditions de vie de la domesticit√© pauvre et d√©vou√©e, toujours √† la peine, en cette fin de 19√®mesi√®cle.

¬ę¬†Paul et Virginie, l‚Äôun √Ęg√© de sept ans, l‚Äôautre de quatre √† peine, semblaient form√©s d‚Äôune mati√®re pr√©cieuse¬†;¬†je les portais sur mon dos comme un cheval¬†; et Madame¬†Aubain me d√©fendit de les baiser √† chaque minute, ce qui me mortifia. Cependant je me trouvais heureuse‚Ķ¬†¬Ľ

Oui, elle est généreuse Félicité. Elle fait don de soi autant par bonté que par ignorance.

¬ę¬†J‚Äôavais eu, comme une autre, mon histoire d‚Äôamour‚Ķ¬†¬Ľ¬†¬ę¬†‚Ķ Le moment arriv√©, je courus vers mon amoureux. √Ä sa place, je trouvai un de ses amis. Il m‚Äôapprit que je ne devais plus le revoir. Pour se garantir de la conscription, Th√©odore avait √©pous√© une vieille femme tr√®s riche, MmeLehoussais, de Toucques.¬†¬Ľ

Sa capacité de résilience à ses tourments remplace la résignation blessante à chaque refus, la frustration rebondissante à chaque travers et la privation de joies personnelles, intimes ou sociales. Son affection et son amour sont ses preuves de vie.

Une histoire simple pour un cŇďur simple, qui t√©moigne de la duret√© de la vie des gens pauvres, beaux dans leur combat pour vivre ou survivre, heureux et tristes √† la fois, que Flaubert a si bien d√©crite.

√Ä partir d‚Äôune nouvelle du grand √©crivain, parue dans le recueil ¬ę¬†trois contes¬†¬Ľ en 1877, Isabelle Andr√©ani signe une adaptation th√©√Ętrale pour une com√©dienne, de belle facture, digne et d‚Äôune pr√©cision cisel√©e. Sa F√©licit√© est heureuse de nous confier son r√©cit, de nous aider √† le faire n√ītre, √† nous en √©mouvoir simplement mais irr√©m√©diablement.

La mise en scène de Xavier Lemaire est adroite, vive et calée au cordeau. Les ruptures et les sursauts, les silences et les pauses du récit comme les propos et les mouvements du personnage sont rythmés et distillés avec un raffinement et une précision d’orfèvre qui nous tiennent en haleine, tendus vers l’écoute et l’observation, impatients de découvrir la suite de cette histoire captivante.

Mais la beaut√© du spectacle √©clot pleinement gr√Ęce √† l‚Äôinterpr√©tation incarn√©e, lumineuse et sinc√®re de Isabelle Andr√©ani. Une com√©dienne √©poustouflante. Sa sensibilit√© touche √† la d√©licatesse, sa puissance de jeu √† l‚Äôenti√®ret√© de son engagement. Elle porte toutes les facettes de son personnage avec un brillant talent. Elle est F√©licit√© ou plut√īt F√©licit√© c‚Äôest elle, je ne sais pas, je ne sais plus.

Cette adaptation réussie est bienveillante et bienfaisante. L’interprétation y est magistrale et poignante. Ce spectacle est une perle admirable que j’ai plaisir à recommander.

Spectacle vu le 11 octobre 2018,

Frédéric Perez

 

 

 

¬ę¬†Un CŇďur simple¬†¬Ľ

au Th√©√Ętre de Poche. ¬†Critique,¬†Th√©√Ętre

 

par Ton That Thanh Van                                          11 octobre 2018

 

Isabelle Andr√©ani a adapt√© cette nouvelle de Flaubert et √† travers ce personnage fictif, a voulu rendre hommage √† toutes ces femmes de l‚Äôombre injustement oubli√©es par la grande Histoire et qui ont rarement droit de cit√© litt√©raire. En lui pr√™tant ses grands yeux qui tant√īt s‚Äôattristent, tant√īt s‚Äô√©merveillent, sa voix et surtout son corps bien en chair, √† l‚Äô√©troit dans ses habits de femme du peuple, elle incarne dans tous les sens du terme cette ¬ę servante au grand cŇďur ¬Ľ ch√®re √† Baudelaire et aussi attachante que la niania de Pouchkine ou la Fran√ßoise de Proust (un de ses mod√®les, C√©leste Albaret a r√©dig√© ses m√©moires sur ¬ę Monsieur Proust ¬Ľ). Pendant un peu plus d‚Äôune heure, une vie d√©file sous nos yeux, de l‚Äôenfance jusqu‚Äô√† la mort, alors que le temps semble √©pargner cette grande petite fille trop vite grandie (¬ę qui a vingt-cinq ans en paraissait d√©j√† quarante ¬Ľ) et marqu√©e par les √©preuves de l‚Äôexistence, l‚Äôabandon, les deuils.

Sur une petite scène dont l’éclairage intimiste varie, dans un décor minimaliste (une barre, un drap tendu ou battu avec rage dans d’intenses moments de désespoir) avec quelques objets (une robe de petite fille, un jouet d’enfant, un perroquet empaillé) et des planchers de niveaux différents, légèrement inclinés. Félicité les frotte, à genoux, comme les personnages de Caillebotte et ressemble parfois aussi à La Laitière de Vermeer, figure pleine de bonté maternelle, protectrice et nourricière, alors qu’elle est une éternelle affamée d’amour. Ces planchers sont autant de petites scènes correspondant à des moments de vie, aux étapes d’un calvaire humble et presque silencieux.

Dans cette transposition √† la premi√®re personne qui fait entendre les nuances et les richesses de la prose flaubertienne, F√©licit√© au nom plein de r√©sonance ironique, occupe une place encore plus centrale que dans la nouvelle, alors qu‚Äôelle ne ma√ģtrise pas son destin. Malgr√© la lourdeur de sa robe et de ses sabots, elle court, elle s‚Äôagite, occupe tout cet espace limit√© comme un oiseau en cage et son corps maladroit et √©loquent r√©v√®le ses √©tats d‚Äô√Ęme. Comme Charles Bovary, elle aussi pourrait dire : ¬ę C‚Äôest la fatalit√© ¬Ľ. Pourtant elle garde l‚Äôamour, l‚Äôesp√©rance et une foi lumineuse. Autour d‚Äôelle tous les personnages gravitent qu‚Äôelle interpr√®te en changeant de voix : le viril s√©ducteur Th√©odore, Mme Aubain un peu condescendante et m√™me le perroquet Loulou √† la voix chevrotante. C‚Äôest seulement apr√®s sa mort que le narrateur reprend ses droits alors que resplendit l‚Äôimage du perroquet qui se confond avec le Saint-Esprit.

Ce beau portrait de femme √† valeur all√©gorique malgr√© un point de d√©part extr√™mement r√©aliste, nous fait d√©couvrir un esprit na√Įf, une √Ęme candide et un cŇďur simple car pur. Cette √©criture de la perte des √™tres chers (successivement parents, fianc√©, neveu, la petite dont elle s‚Äôoccupe, sa patronne) explore les m√©andres des souffrances souvent discr√®tes et silencieuses et loue la foi enfantine des humbles (ceux que Hugo appellent les mis√©rables) et des petits, sans jamais basculer dans le path√©tique (la musique est discr√®te) ni le grotesque, ce qui n‚Äôexclut pas certains moments pleins de tendresse et d‚Äôhumour (comme l‚Äô√©pisode h√©ro√Įcomique du taureau).

Solitude et compassion, émotions à fleur de peau : Félicité, c’est elle.

D’après Gustave FlaubertMise en scène Xavier Lemaire. Scénographie Caroline Mexme Avec Isabelle Andréani. Production Les Larrons

DE LA COUR AU JARDINDes critiques, des interviews webradio.

CRITIQUE                          Un coeur simple              11 OCTOBRE 2018

Rédigé par Yves POEY et publié depuis Overblog

 

Plus simple, le cŇďur de F√©licit√©, √ßa ferait trop¬†!

Mais attention, cette simplicité résonne ici presque comme un compliment.
Félicité, la servante de Mme Aubin, elle est simple. Elle est gentille, elle est brave.
Pas m√©chante pour un sou, n’allant pas chercher midi √† quatorze heures, toujours positive malgr√© les mauvais coups de la vie. Dure au travail, aussi. Je ne serais pas plus √©tonn√© que cela que Emile Pinchon, le p√®re de B√©cassine, se soit inspir√© de l’h√©ro√Įne de la nouvelle √©crite par Gustave Flaubert.

L’auteur de Madame Bovary nous d√©crit ici en d√©tail la vie d’une sans-grade, d’une modeste employ√©e de maison. Une gentille fille normande du XIX√®me si√®cle.
Une repr√©sentante de la France-d’en-bas de l’√©poque. Un membre de l’√©tage inf√©rieur d’un Downtown Abbey pont√©piscopien.

Elle n’a jamais su lire et √©crire, devant garder les vaches d√®s sa plus tendre enfance.

Isabelle Andréani a adapté cette nouvelle, notamment en utilisant la première personne du singulier.
La comédienne ne jouera pas ce personnage. Non. Elle sera purement et simplement cette Félicité, la rendant on ne peut plus attachante.

Mise en sc√®ne par Xavier Lemaire, elle appara√ģt en corsage blanc, longue jupe bleue qui laisse entrevoir des jupons rouges, des bas de laine naturelle et des sabots.
Aucun d√©cor, si ce n’est quelques √©l√©ments de plancher √† diff√©rentes hauteurs.

Le texte et l’interpr√©tation du r√īle suffiront bien.

La com√©dienne parvient imm√©diatement et sans peine √† nous rendre d√©pendants de sa parole. J’√©tais suspendu √† ses l√®vres.
Elle va se dépenser sans compter ! Avec une énergie et une vivacité phénoménales, elle courra souvent autour de ces lattes de bois, bondissant et tombant parfois dessus.
Elle va se montrer remarquable et lumineuse ! A tel point que je me suis souvent dit que ce texte était écrit pour elle.

Ce sera un pur bonheur que de la voir nous conter les aventures de Félicité, simples elles aussi, mais en même temps sublimes.
Car ici, Melle Andréani réussit à sublimer cette simplicité voulue par Flaubert, la rendant à la fois exemplaire et extra-ordinaire.
Des moments apparemment anodins sont d√©crits et dits avec une force √©tonnante, comme la charge d’un taureau, une promenade, les occupations de Paul et Virginie les enfants de la maison, ou encore la rencontre avec Loulou le perroquet…
Isabelle Andr√©ani nous d√©peindra √©galement avec une belle acuit√© d’autres personnages, un amoureux entreprenant tirant sur sa bouffarde, un cocher vindicatif, une ma√ģtresse de maison condescendante, un avou√© aux myst√©rieuses occupations avec la pr√©c√©dente…A chaque fois, elle nous propose des petits tableaux de vie d’un √©tonnant r√©alisme.
La com√©dienne nous fera beaucoup rire, (les sc√®nes avec le perroquet sont jubilatoires), jouant √† la perfection le ¬ę¬†bon sens pr√®s de chez vous¬†¬Ľ, imitant parfois l’accent normand, tra√ģnant les ¬ę¬†a¬†¬Ľ.
Elle sera également bouleversante, avec plusieurs fois les larmes aux yeux.
La dernière scène est magnifique. La simplicité tutoie le grandiose.
Voulez-vous que je vous dise ?
C’est un spectacle qui fait du bien. Un spectacle qui raconte une vie, en apparence modeste et simple, d’une h√©ro√Įne ordinaire.Et qui d√©crit de mani√®re √©clatante une qualit√© de plus en plus pass√©e sous silence¬†: la bont√©.

UN CŇíUR SIMPLE – Th√©√Ętre de Poche-MontparnasseUn cŇďur simple est au d√©part une nouvelle de Gustave Flaubert tir√©e du recueil Trois contes, qui retrace l’histoire d’une servante au XIX e si√®cle, en Normandie, F√©licit√© de son pr√©nom. Isab…

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/project/un-coeur-simple/

R42, culture gourmande !

Un peu de tout mais beaucoup de culture et de gourmandise pour tout

  • TH√Č√āTRE CLASSIQUE¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Un coeur simple¬† 10/10/2018

Depuis l‚Äôadolescence, j‚Äô√©tais f√Ęch√©e avec Flaubert mais depuis le ‚ÄėMadame Bovary adapt√© par Paul Emond‚Äô d√©j√† jou√© au th√©√Ętre de Poche, j‚Äôavais fait la paix avec l‚Äô√©crivain et ce soir, j‚Äôen suis √† avoir envie de le lire √† nouveau‚Ķ¬† Et c‚Äôest gr√Ęce √† l‚Äôadaptation de la nouvelle ‚Äėun coeur simple ‚Äėpar Isabelle Andr√©ani.

C’est l’histoire de Félicité, une femme du XIX ème siècle. C’est Félicité elle-même qui raconte sa vie via la merveilleuse Isabelle Andréani seule sur scène. Félicité est née dans une famille pauvre, a perdu ses parents de bonne heure et s’est retrouvée employée de ferme chez divers fermiers de sa région normande, elle a fini par se fixer comme servante chez Madame Aubin et ses deux enfants : Paul et Virginie.

F√©licit√© semble ne pas avoir d‚Äô√Ęge, elle d√©roule tout le texte de la nouvelle en la racontant √† la premi√®re personne du singulier. Je suis rest√©e stup√©faite par l‚Äôacuit√© avec laquelle Flaubert a pu croquer la vie d‚Äôune simple femme peu √©duqu√©e de province, le texte est extr√™mement prenant et tr√®s pr√©cis. On visualise facilement les divers endroits o√Ļ passe l‚Äôh√©ro√Įne. On ressent sa joie, ses tristesses‚Ķ C‚Äôest comme si on √©tait avec elle.

Sur la scène, divers carrés de planchers de différentes hauteurs sont disposés au sol, et Félicité va nous donner un rythme rien qu’en sautant de l’un à l’autre avec ses sabots rouges. Il faut dire que son enthousiasme fait plaisir à voir, même si je me suis inquiétée, à tort, de la voir chuter lors d’un de ces sauts. Isabelle Andréani dépense une belle énergie pour faire revivre Félicité sous nos yeux et elle utilise une vaste palette de sentiments. Elle ne lésine pas sur la dépense physique et c’est ce qui rend Félicité si vivante ! Oui, elle parle sans s’interrompre pendant 1h15 ! C’est la nature généreuse de Félicité qui est rejointe par celle de la comédienne !

La mise en scène de son complice Xavier Lemaire apporte fluidité et précision à l’ensemble. Ces deux-là n’en sont pas à leur première collaboration : Zig zag, Qui es-tu Fritz Haber ?…. Et ça se sent ! L’ambiance sonore m’a aussi charmée

Il y a l√† beaucoup d‚Äô√©l√©ments pour passer une bonne soir√©e et le public ne s‚Äôy est pas tromp√© car les ‚ÄėBravo‚Äô ont fus√© d√®s le d√©but des applaudissements.

Au Poche, jusqu’au 3 Novembre 2018

De Gustave Flaubert, adapté par isabelle Andréani, mis en scène par Xavier Lemaire et avec Isabelle Andréani.

 

https://www.radioclassique.fr/

Un cŇďur simple au th√©√Ętre de poche

Le 09 octobre 2018, écrit par  Arthur Barbaresi

Un cŇďur simple au th√©√Ętre de poche.

La simplicit√©, disait Georges Sand, est la chose la plus difficile √† obtenir dans ce monde. Flaubert ne pouvait qu‚Äôapprouver la citation de son amie proche √† qui il d√©die un CŇďur simple, nouvelle tir√©e du recueil des Trois Contes paru en 1877. Cette question de la simplicit√© dans la cr√©ation ne se borne pas au travail d‚Äô√©criture mais concerne aussi la composition musicale. Le musicien Claude Debussy est aussi sensible √† cette id√©e en consid√©rant que l‚Äôextr√™me complication est le contraire de l‚Äôart.

La mise en sc√®ne minimaliste de Xavier Lemaire est loin de cette extr√™me complication. La musique de Schubert se m√™le avec subtilit√© √† celle de la langue flaubertienne. La puissance du verbe de l‚Äôauteur y est splendidement restitu√©e par l‚Äôadaptation fid√®le et l‚Äôincarnation g√©n√©reuse d‚ÄôIsabelle Andr√©ani, qui occupe avec √©nergie un espace sc√©nique d√©pouill√©. La sc√©nographie est sans artifice et aussi modeste que notre protagoniste. Des planchers en forme de croix √©voquent le caract√®re mystique, christique d‚Äôun √™tre dont la vie est marqu√©e par le sacrifice et l‚Äôabn√©gation : F√©licit√© serait-elle une sorte de Job au f√©minin ? Ce qui est s√Ľr, c‚Äôest que son nom interroge. Se nommer F√©licit√© quand on m√®ne une vie de servitude et de d√©vouement semble √™tre une ironie de l‚Äô√©crivain‚Ķ

Toute la narration de la pi√®ce repose sur la puissance d‚Äô√©vocation des quelques accessoires qui ponctuent le monologue. Une √©pop√©e intime aux parfums de Normandie qui retrace √©galement le contexte politique des premi√®res d√©cennies du XIX si√®cle. Un d√©paysement. Flaubert nous plonge dans les tr√©fonds de l‚Äô√Ęme de cette servante qui nous fait le r√©cit de ses enthousiasmes et de ces chagrins, de ces petits riens qui font une existence humaine. Comme tout le monde, F√©licit√© a √©t√© tourment√©e par l‚Äôamour. Eprise d‚Äôun homme avec lequel elle ne se mariera finalement pas, elle devient la domestique de Madame Aubain √† Pont-L‚ÄôEv√™que. Malgr√© les tourments qu‚Äôelles traversent, notre personnage conserve son innocence et sa puret√©. Une mise en sc√®ne au service de la simplicit√©, c‚Äôest-√†-dire de l‚Äôessentiel. Une adaptation simple qui a du cŇďur.

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Apr√®s le Festival d’Avignon, retour au¬†Th√©√Ętre de Poche Montparnasse, √† partir du 02 octobre 2018.

A d√©couvrir ou √† revoir : ¬ę¬†UN COEUR SIMPLE¬†¬Ľ d’apr√®s Gustave Flaubert,

adaptation et interprétation Isabelle ANDREANI,

mise en scène Xavier LEMAIRE

au Th√©√Ętre de Poche, du mardi au samedi √† 19h !

Au Th√©√Ętre de POCHE, √† partir du 02 octobre 2018, pour 25 repr√©sentations exceptionnelle!

CREATION Festival d’Avignon 2018 : Th√©√Ętre de La Luna du 06 au 29 juillet √† 10h45¬†

¬ę¬†UN COEUR SIMPLE¬†¬Ľ d’apr√®s Gustave Flaubert, adaptation et interpr√©tation Isabelle ANDREANI, mise en sc√®ne Xavier LEMAIRE au Th√©√Ętre de LA LUNA, cr√©√© pour le Festival OFF d’Avignon 2018 !

RESUME

Un cŇďur simple est au d√©part une nouvelle de Gustave Flaubert (tir√©e de son recueil Trois contes), qui retrace l‚Äôhistoire d‚Äôune servante au 19√® si√®cle, en Normandie, F√©licit√© de son pr√©nom…
Isabelle Andr√©ani l‚Äôa adapt√© pour le th√©√Ętre et l‚Äôincarne avec toute la force √©motionnelle et lumineuse qu‚Äôon lui connait, Xavier Lemaire l‚Äôaccompagne dans une mise en sc√®ne fluide et charnelle.
C’est ce seul en scène que nous vous proposons de déguster de bon matin en Avignon !

Dans le r√īle de F√©licit√© : Isabelle Andr√©ani

Isabelle AndreaniIsabelle Andr√©ani a √©t√© form√©e √† l‚ÄôEcole Sup√©rieure d‚ÄôArt Dramatique de la Ville de Paris. Elle joue de nombreux classiques : Marivaux, Moli√®re, Beaumarchais, Goldoni, Feydeau‚Ķ Actrice de Compagnie, elle a travaill√© notamment, 9 ans avec Jacques Seiler, dans la Compagnie THEATRE AUJOURD’HUI.
Elle participe¬†aux cr√©ations d‚Äôauteurs contemporains¬†tels que¬†: Y. Simon, L-C Sirjac, X. Durringer, V. Feyder, C. Thibaut, D. Keen (Puisque tu es des miens) et Hanokh Levin (r√īle: Doupa La Godiche dans Kroum l‚ÄôEctoplasme, mise en sc√®ne de Cl√©ment Poir√©e, au Th√©√Ętre de la Temp√™te).
Sous la direction de Carole Thibaut, cr√©ations de: Int√©rieurs et¬†Immortelle Exception ainsi qu‚Äôen 2010, avec la pi√®ce Et√©, au Th√©√Ętre de l‚ÄôEtoile du Nord.
Sous la direction et avec Xavier Lemaire, elle joue Eve dans Adam, Eve et descendances de P. Bancou au Th√©√Ętre du Balcon puis au Th√©√Ętre Essa√Įon. Elle √©crit et met en sc√®ne (aux c√īt√©s de Xavier Lemaire)¬†La clef du grenier d’Alfred, qu‚Äôelle associe √†¬†Il faut qu’une porte soit ouverte ou ferm√©e¬† d’Alfred de Musset, cr√©√© en novembre 2007 au Th√©√Ętre Akt√©on, repris au Th√©√Ętre Essa√Įon puis en tourn√©e pour plus de 370 repr√©sentations √† ce jour. Elle a obtenu le prix Charles Oulmont sous l’√©gide de la fondation de France 2008, pour son interpr√©tation sur ce spectacle. Toujours dans la mise en sc√®ne de Xavier Lemaire, elle interpr√®te le r√īle de Lisette dans Le jeu de l‚Äôamour et du hasard de Marivaux, (Th√©√Ętre Mouffetard 2008 & 2011 ‚Äď Th√©√Ętre La Luna 2012), puis le r√īle de Marthe, dans L‚Äô√©change ‚Äď 2√® version de Paul Claudel (Th√©√Ętre Mouffetard 2011 ‚Äď Th√©√Ętre La Luna 2011 & 2012). Cr√©ation au Festival d’Avignon 2013 de ¬ę¬†Qui es-tu Fritz Haber?¬†¬Ľ de Claude Cohen , aux cot√©s et dans la mise en sc√®ne de Xavier Lemaire, repris 5 mois au th√©√Ętre de Poche √† Paris et en tourn√©e jusqu’en 2017, pour 250 repr√©sentations.
En 2015, elle joue Dolly, dans Anna Kar√©nina, d’apr√®s Tolsko√Į, dans l’adaptation et mise en sc√®ne de Cerise Guy-Sachs, au Th√©√Ętre 14.
Et toujours sous la direction de Xavier Lemaire, elle joue Lisette de ¬ę¬†La m√®re Confidente¬†¬Ľde Marivaux, √† La Luna au Festival d’Avignon puis √† Paris au Studio H√©bertot, en 2017. Enfin, elle cr√©e ZIGZAG au Festival d’Avignon 2015 puis 2016 au Th√©√Ętre de la Luna, puis en tourn√©e internationale, et repris en 2018 au Th√©√Ętre du Petit Montparnasse.

Isabelle Andréani (Félicité) dans UN COEUR SIMPLE d'après Gustave Flaubert

Un mot du metteur en sc√®ne…

Les Larrons, Isabelle Andr√©ani, le Th√©√Ętre de La Luna et moi- m√™me : c‚Äôest 10 ans de collaboration, 10 ans de cr√©ations intenses et ambitieuses¬†:

  • Il faut qu‚Äôune porte soit ouverte ou ferm√©e de Musset pr√©c√©d√© de La clef du grenier d‚ÄôAlfred d‚ÄôIsabelle Andr√©ani

  • L‚Äô√©change de Paul Claudel

  • Le jeu de l‚Äôamour et du hasard de Marivaux

  • Qui es tu Fritz Haber¬†? de Claude Cohen, Prix Coup de cŇďur de la presse Off2013,

  • Les coquelicots des tranch√©es, Prix Public du Off 2014 et Moli√®re du meilleur spectacle Th√©√Ętre Public 2015,

  • Zigzag de Xavier Lemaire‚Ķ

Les échos de la presse…. octobre 2018

¬ę¬†Le Petit Rhapsode¬†¬Ľ (critiques th√©√Ętrales)¬†/ Richard Malgalditrichet¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 04/10/18

‚Ķet des papillons s’envol√®rent de l’armoire‚ĶUn cŇďur simple¬†est une nouvelle de Gustave Flaubert tir√©e du recueil¬†Trois contes, publi√© trois ans avant sa mort. Celle-ci appara√ģt dans l’oeuvre de notre grand auteur comme une √©pure, un concentr√© de son style que certains trouvent ici √† son apog√©e. Epure est √©galement le terme qui convient exactement √† la magnifique adaptation d’Isabelle Andr√©ani, mise en sc√®ne par Xavier Lemaire.

L’histoire de F√©licit√©, servante normande du XIXe si√®cle, ponctu√©e de chagrins, de deuils et de furtives joies, est √† la fois √©mouvante, dr√īle, √©tonnante mais toujours terriblement humaine. Michel Tournier disait au sujet de la bonne : ¬ę F√©licit√© est rev√™tue comme d’une armure de diamant par la simplicit√© de son coeur ¬Ľ. Ce spectacle en est l’illustration criante.

Dans une sc√©nographie √† la simplicit√© √©galement √† son image, le texte est mis en relief et nous captive, voire nous capture, et laisse appara√ģtre tel un cam√©e finement cisel√© le visage d’Isabelle Andr√©ani dans le r√īle de la bonne toujours vaillante et courageuse. Son travail de com√©dienne est remarquable, sa bonhomie enjou√©e, son regard embu√© d’√©motion rappelle le portrait de¬†La Laiti√®re de Vermeer. Experte, elle nous m√®ne de bout en bout, nous fait d√©couvrir le monde √† travers son Ňďil na√Įf mais toujours bienveillant. Reflet discret et r√©sign√© d’une Emma Bovary dans sa campagne normande, Isabelle Andr√©ani nous offre une F√©licit√© touch√©e par la gr√Ęce, avec laquelle nous ne pouvons que communier. Les papillons qui s’envolent √† l’ouverture de l’armoire de l’enfant d√©funte sont comme les souvenirs qu’elle partage avec nous, tout en d√©licatesse et retenue.

Figure all√©gorique du monde du XIXe si√®cle, F√©licit√© fait partie de ce peuple qui, d√©clarait Victor Hugo ¬ę a l’avenir, et qui n’a pas le pr√©sent ¬Ľ. Isabelle Andr√©ani en est l’√©cho pour nous aujourd’hui et fait r√©sonner, gr√Ęce √† Flaubert, toutes les petites histoires et les petites vies qui nous ont fa√ßonn√©(e)s.

¬ę Un cŇďur simple ¬Ľ de Gustave Flaubert, adaptation d’Isabelle Andr√©ani,

mise en scène Xavier Lemaire; avec : Isabelle Andréani; Scénographie : Caroline Mexme

A partir du 2 octobre 2018 au Th√©√Ętre de Poche-Montparnasse

www.theatredepoche-montparnasse.com

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THEATRAUTEURS

Actualit√© th√©√Ętrale, chroniques¬† ¬† ¬† ¬† ¬† 03/10/2018

Dernier des ¬ę¬†Trois contes¬†¬Ľ et dernier ouvrage de Flaubert paru de son vivant en 1877, ¬ę¬†Un cŇďur simple¬†¬Ľ est l‚Äôhistoire de F√©licit√©, fille de ferme normande qui deviendra¬† bonne √† tout faire √† Pont l‚ÄôEv√™que, chez Madame Aubain, qui la recrute sur un march√©, comme on acquiert un nouveau bien.

L’histoire non pas tragique mais banalement triste de Félicité retrace la vie de milliers de jeunes femmes d’alors, souvent déracinées et se mettant ou étant mises à la disposition de familles plus ou moins fortunées.

Madame Aubain, bourgeoise, veuve désargentée est mère de deux enfants que Flaubert prénomme, comme pour s’amuser, Paul et Virginie, allusion au roman de Bernardin de Saint Pierre, modèle du roman du siècle précédent, comme un hommage du romancier type du XIXè à son grand prédécesseur.

Rappelons au demeurant que le roman ¬ę¬†Paul et Virginie¬†¬Ľ tourne autour de la nostalgie du paradis perdu, et que cette notion du paradis, perdu ou √† trouver, cette qu√™te d‚Äôune paix que dans sa simplicit√© F√©licit√© pourrait nommer ¬ę¬†bonheur¬†¬Ľ est en filigrane dans ce ¬ę¬†CŇďur simple¬†¬Ľ.¬†

Le choix même du prénom de Félicité n’est pas anodin : issu du latin, signifiant chance, c’est un substantif qui signifie bonheur et joie. Notre Félicité fait mentir son prénom et reste une femme gentille et, pour être anachronique, assez soumise.

Dupée dans son unique histoire d’amour, elle va reporter sur les enfants Aubain, puis sur son neveu toute son affection et elle subira les départs successifs des êtres aimés, pour reporter son intérêt et ses sentiments sur Loulou, son perroquet chamarré.
 
Isabelle Andréani nous donne à voir, nous offre réellement, comme un divin présent, un personnage formidable de vie et d’humanité, riche de sentiments cachés, d’émotions retenues, d’amour inexprimé.

Elle est entr√©e dans la peau de F√©licit√© et l‚Äôincarne comme rarement on voit un personnage √™tre habit√©. Sa parfaite diction, la ma√ģtrise absolue de son corps, de ses mouvements, de ses muscles, de son visage m√™me conf√®rent √† cette F√©licit√© de roman une existence et une personnalit√© admirables.

Mise en sc√®ne, avec efficacit√© et intelligence par Xavier Lemaire, dans un espace sc√©nique assez difficile, toujours en mouvement comme pour retracer la multiplicit√© des menues t√Ęches m√©nag√®res qui √©puisaient le personnel d‚Äôalors, soumis aux exigences de l‚Äôemployeur, travaillant sept jours sur sept et devant √™tre disponible 24h sur 24, Isabelle Andr√©ani rend pr√©sente cette¬† F√©licit√©¬†; elle est partout √† la fois, esquisse le portrait¬† d‚Äôautres personnages, comme sur un tableau de Seurat, en pointill√©s, pour sugg√©rer en nous laissant le troublant sentiment que l‚Äôon voit.

Flaubert, le cauchois rigide, le bourru assez peu ouvert, au fond, et plut√īt referm√© sur son Ňďuvre et lui-m√™me, ouvre ici grandes les portes de l‚Äôempathie √† l‚Äô√©gard des ¬ę¬†petites gens¬†¬Ľ, ceux dont son disciple Maupassant fera plus grandement encore le tour tout au travers de son Ňďuvre.

Ce ¬ę¬†CŇďur simple¬†¬Ľ t√©moigne parfaitement de son courant d‚Äô√©criture, qu‚Äôil a voulu, et qu‚Äôon nommera, parce que la commodit√© veut toujours que nous nommions, le r√©alisme, lequel peut s‚Äôapparenter, comme un cousin √† la mode paysanne, au naturalisme, plus dru, plus cru, d‚Äôun Zola qui viendra assister aux obs√®ques de Gustave, √† Rouen, en 1880.
 
Dans son interpr√©tation formidable, Isabelle Andr√©ani parvient en une heure quinze √† faire passer son personnage de la jeune femme d√©vou√©e et r√©serv√©e √† la femme √Ęg√©e, mourant dans une vision du Saint Esprit color√©e, miraculeuse, inopportune. Et c‚Äôest cette inopportunit√©, cette non convenance, qui doit nous amener √† nous interroger sur la vie des autres, leur fa√ßon de voir le monde, d‚Äôy vivre, de le subir.

L’épiphanie que vit Félicité la place d’emblée au rang des personnages inoubliables. Cette illumination la grandit davantage, qui n’en fait pas pour autant une mystique, mais lui donne un caractère plus attachant encore dans sa simplicité.

Nous avons assisté à un spectacle total, sur un texte magnifique d’humanité et de vérité,  parfaitement adapté et restitué par son interprète.

L‚Äôexigence de qualit√© du Th√©√Ętre de Poche n‚Äôest une fois de plus pas d√©mentie, et ce spectacle qui vient de commencer est de ceux dont on se dit que le rater serait g√Ęcher une merveilleuse occasion de bonheur, un bonheur inquiet, face √† une belle √Ęme.¬†

Frédéric ARNOUX ©

Les échos de la presse….juillet 2018

 Isabelle Andréani est une comédienne rare : elle s’efface derrière les personnages qu’elle choisi d’incarner. La précision de son jeu, la force qu’elle dégage sur un plateau, son potentiel comique et dramatique, sa voix si justement modulée ne sont qu’au service du texte qu’elle joue. C’est pour cela qu’elle est vraie.
La retrouver dans un monologue adapt√© d‚Äôune nouvelle de Flaubert, Un cŇďur simple, ne pouvait √™tre qu‚Äôune bonne surprise ‚Äď c‚Äôest son premier seule en sc√®ne ‚Äď et un grand bonheur. Elle se saisit de cette histoire d‚Äôune servante ordinaire du XIXe si√®cle, pieuse, honn√™te, travailleuse, aimante et en fait un bijou brillant. L‚Äôhistoire pourrait n‚Äô√™tre que bucolique et charmante ; Isabelle Andr√©ani la sublime sous la direction de Xavier Lemaire son metteur en sc√®ne qui guide pr√©cis√©ment son jeu. De bout en bout elle tient son personnage et ne le l√Ęche pas, nous emm√®ne en voyage dans une √©poque pass√©e et nous place d‚Äôembl√©e en empathie avec F√©licit√©, son h√©ro√Įne. Peu d‚Äôaccessoires, trois estrades cr√©ent des niveaux diff√©rents, pas de d√©cor ; et le personnage est l√†, tout de suite, sans introduction, d√®s que s‚Äôouvre la lumi√®re. Des paroles, des accents, des silences, des regards, c‚Äôest un capital d‚Äô√©motion qui roule √† notre rencontre. La g√©n√©rosit√© du personnage rejoint celle de la com√©dienne et nous fait passer 1h15 magnifique.¬†

Fran√ßois Varlin pour Th√©√Ętral Magazine

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Isabelle Andr√©ani donne tant d’elle-m√™me, elle ne triche jamais. Elle dose l’humour, la na√Įvet√©, la tristesse.

Elle est tout à la fois, le fiancé, Mme Aubin. L’histoire est simple comme Félicité, et pourtant si riche d’événements, de vie sociale au 19ème siècle.
La langue de Flaubert est respectée, magnifiée et subtilement mis en scène par Xavier Lemaire.

Anne Delaleu pour Th√©√Ętre Passion

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Un espace sc√©nique vaste. Comme les plaines normandes. Et quatre estrades de hauteur et inclinaisons variables. Des plateaux sur le plateau qui seront¬†pi√®ces de maison, √©glise ou autre chemin. Et une femme. Sans √Ęge. On ne sait d’elle que son pr√©nom. F√©licit√©. Une servante, bonne √† tout faire, au service de Mme Aubain. Une domestique invisible et muette comme il y en eut tant au 19√®me si√®cle. Une vie de service que d√©peint Flaubert dans un recueil de conte. Et que la compagnie Les Larrons nous offre, comme on offre un rayon de lumi√®re.

Et c’est bien F√©licit√© qui vient nous parler. Nous entretenir de sa vie. De ses joies. Rares. De ses peines. De ses esp√©rances, de sa foi, son attachement inconditionnel √† sa ¬ę¬†ma√ģtresse¬†¬Ľ. Isabelle Andr√©ani s’efface pour faire vivre cette F√©licit√©. Belle, dans sa simplicit√©. Forte et fragile √† la fois. Elle nous la rend aimable, au sens premier du terme. Immens√©ment √©mouvante. Avec son coeur si grand, si pur. Si lumineux.

Sans artifice, √† seule force de talent, la com√©dienne nous embarque plus d’une heure dans cette vie de femme, besogneuse et humble. Aid√©e par une mise en sc√®ne alerte, elle fait r√©sonner la langue de Flaubert de mani√®re admirable. Elle est seule sur sc√®ne, mais fait vivre tout le monde de F√©licit√©. D’un accessoire, d’un changement de ton ou d’accent. Et reste toujours ¬ę¬†vraie¬†¬Ľ. Puissante dans sa petite vie. Superbe.

Karine Prost pour Rue du Th√©√Ętre

Photos et Vidéos

Vidéo(s)

UN COEUR SIMPLE la bande-annonce